‹ Œuvres complètes de Lord Byron PoëmesChapitre 35 sur 83 · SUR LE JOUR DE LA DESTRUCTION DE JÉRUSALEM PAR TITUS · texte numérisé non relu

SUR LE JOUR DE LA DESTRUCTION DE JÉRUSALEM PAR TITUS

Du sommet de la dernière colline d'où l'on découvre ton temple, jadis sacré, je te vis, ô Sion! quand tu tombas au pouvoir de Rome : c'était ton dernier soleil qui se couchait, et les flammes de ta ruine se réflétèrent dans le dernier regard que je fixai sur tes remparts.

Je cherchai des yeux ton temple ; je cherchai le toit de mes pères, et un moment j'oubliai mon prochain esclavage; je n'aperçus que le feu de la mort qui dévorait Ion sanctuaire, et les bras enchaînés qui rendaient la vengeance inutile.

Que de fois cette colline où j'étais spectateur, avait réfléchi l'éclat des derniers rayons du soleil, pendant que moi, assis sur la hauteur, je regardais la lumière descendre le long de la montagne étincelante qui dominait ton temple!

C'était sur cette môme montagne que je me trouvais alors; mais je ne fis pas attention à la clarté mourante du crépuscule. Oh ! que n'ai-je vu briller à sa place la lumière de la foudre, et le tonnerre éclater sur la tête du vainqueur!

Mais les dieux des païens ne profaneront jamais le sanctuaire où daigna régner Jéhovah ; et tout dispersé et méprisé

que soit Ion peuple, toi seul, ô Père! seras l'objet de notre culte.

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