LA DESTRUCTION DE SENNACHÉRIB
L'Assyrien s'est élancé sur nous comme le loup sur un troupeau; et ses cohortes étincelaient de pourpre et d'or; et leurs lances brillaient comme les étoiles dans la mer, lorsque, la nuit, elle roule ses vagues d'azur sur le rivage de Galilée.
Nombreuses comme les feuilles des forêts, quand l'été déploie sa verdure, parurent au coucher du soleil les bannières de celte armée; comme les feuilles des forêts lorsqu'à soufflé l'automne, celte armée, le lendemain, fut flétrie et dispersée.
SréLODIES HÉBRAÏQUES.
Gar l'Ange de la Mort déploya ses ailes au vent et souffla en passant a la face de l'ennemi; et les yeux des soldats endormis furent glacés par le froid de la mort, et leurs cœurs battirent une fois encore, puis se turent pour jamais!
Et la gisait le coursier avec ses naseaux ouverts; mais ils n'étaient plus soulevés par le souille de son orgueil ; et l'écume de son agonie blanchissait le gazon, froide comme celle que déposent les vagues sur les roches où elles se brisent.
Là gisait le cavalier, le visage décomposé et pâle, la rosée sur son front et la rouille sur sa cuirasse; et les tentes étaient silencieuses, les bannières abandonnées, les lances couchées par terre, les clairons muets.
Et les veuves d'Assur font retentir leurs gémissements; et, dans le temple de Baal, les idoles sont brisées ; et la puissance des Gentils, sans que le glaive Tait frappée, s'est fondue comme la neige sous le regard du Seigneur.