UN ESPRIT PASSA DEVANT MOI
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Un esprit passa devant moi : je vis sans voile la face de l'Immortalité. — Un profond sommeil fermait tous les yeux, excepté les miens. — Et elle était là, devant moi, — sans forme, — mais divine : le long de mes os, ma chair effrayée tressaillit; mes cheveux humides se dressèrent, et une voix aria ainsi :
a L'homme est-il plus juste que Dieu? L'homme est-il y»ius pur que celui devant qui les séraphins eux-mêmes sont faillibles? Créatures d'argile! — vains habitants de la
poussière! l'insecte vous survit, et êtes-vous plus justes? Choses d'un jour ! vous êtes flétries avant que la nuit vienne, inattentives et aveugles à l'inutile lumière de la Sagesse! »
NOTES
» Ces stances furent écrites par lord Byron en revenant d'un bal oh il avait vu madame (aujourd'hui lady) Wilmot Horton, femme du gouverneur de Ceylan. Ce jour-là, mistriss W. H. parut tout en larmes avec de nombreuses paillettes sur ses vêtements.'
* Mariamne, femme d'Hérode le Grand, ayant été soupçonnée d'infidélité par son mari, fut mise à mort. C'était une femme d'une beauté sans égale et d'un puissant génie. Son malheur fut d'avoir été aimée jusqu'à la frénésie par un homme qui avait plus ou moins trempé dans le meurtre de son aïeul, de son père, de son frère et de son oncle, et qui avait par deux fois ordonné qu'on la sacrifiât dans le cas oh lui-mêm^ viendrait à mourir. Peu après cet acte de cruauté, Hérode fut poursuivi par le fantôme de Mariamne, jusqu'à ce que le désordre de son esprit troublât sa santé et le mit au tombeau. Millman.
A JOHN HOÇHOUSE,