ADIEUX DE NAPOLÉON
( Imité da français. )
Adieu le pays qui vit le tonèbre éclat de ma gloire naître et ombrager la terre de son nom ; — il m'abandonne maintenant, mais les pages de son histoire, les plus brillantes comme les plus sombres, seront pleines de ma renommée. J'ai fait la guerre au monde; il ne m'a vaincu que lorsque le météore des conquêtes m'entraîna trop loin; j'ai lutté contre les nations, a qui, dans mon isolement, j'inspire encore l'effroi, unique et dernier captif entre des millions de guerriers.
Adieu, France! Quand ton diadème ceignit mon front, je le fis la perle et la merveille de la terre; — mais ta faiblesse
ordonne que je te laisse comme je t'ai trouvée, déshéritée de ta gloire et déchue de ta verlu. Oh! que n'ai-je encore ces cœurs belliqueux qui, vainqueurs dans toutes mes guerres, sont tombés sans fruit en luttant contre l'orage! — L'aigle, dont le regard fut alors fasciné et troublé, planerait encore dans le ciel, en fixant d'un œil assuré le soleil de la Victoire!
Adieu, France! — Mais si quelque jour la Liberté revient 1 visiter tes rivages, alors souviens-toi de moi ; la violette croît encore au fond de tes vallées; quoique flétrie, tes pleurs la feront refleurir ; — alors, je pourrai vaincre encore les armées ennemies qui nous entourent , et ton cœur pourra encore s'éveiller a ma voix. — Dans la chaîne qui nous retient captifs, des anneaux peuvent se briser ; tourne-toi alors vers moi, et appelle le chef de ton choix.
NOTES
i Pauvre Mural! quelle fin ! Sa plume blanche servait de point de ralliement dans une bataille, comme jadis le panache de Henri IV. Il refusa de se confesser* et de se laisser panser, ne voulant enchaîner ni son ame ni son corps. D.
t On prétend que Ton a exhumé les dépouilles mortelles de Murât, et qu'on les a brûlées.
» A propos de politique, comme dit Caleb Qaotem, relisez, je vous prie, les vers qui terminent mon Ode sur Waltrloo, écrite en 4815 ; rapprochezles de l'assassinat du duc de fierri, en 4820, et dites-moi si je ne mérite pas le litre de vates tout aussi bien que Fitzgerald et Coleridge:
CrimiOD tcan wiU follov y et ;
et n'ont-elles pas coulé, ces larmes de sang? B.
* « Tout le monde pleurait, mais surtout Savary, ministre de la police, qui devait sa fortune à l'Empereur; il embrassait les genoux de son maître, et écrivit une lettre & lord Keith pour lui demander la permission d'accompagner Napoléon à quelque titre que ce fût. »
8 A Waterloo, on vit un soldat qui venait d'avoir le bras fracassé par un boulet, l'arracher avec l'autre main, et, le jetant en l'air, crier à ses camarades : « Vive l'Empereur! jusqu'à la mort !» — Il y a plusieurs exemples de ce genre ; vous pouvez compter sur l'authenticité de celui-ci. Lett, partie, écrites de Bruxelles.
* Le drapeau tricolore.
* Byron tt trompe : liant s'tit eooftsit, aloil qu« Napoléoa.