DR WINDSOR
Des plus sacrés liens renommé contempteur.
Près de Charles sans tête est ce Henri sans cœur ;
Entre eux, cet autre objet que le sceptre décore
Quel est-il? — C’est un roi. — Le nom seul manque encore.
Vrai Charles pour son peuple, Henri pour sa moitié.
En lui les deux tyrans ont revu la lumière.
La justice ou la mort mêle en vain leur poussière;
Les vampires royaux, farouches, sans pitié,
Revivent. A quoi sert un tombeau — s'il dégorge Cette cendre et ce sang pour en former un George?
STANCES1
je n'ose prononcer ton nom.
Je n’ose prononcer ton nom, je n’ose le transcrire ; il y a là un son douloureux, une renommée coupable; mais la larme brûlante qui maintenant sillonne ma joue, révèle les pensées profondes qui habitent dans ce silence du cœur.
Trop courtes pour notre passion , trop longues pour notre repos, ont été ces heures; — comment pourra cesser leur amertume ou leur joie? Nous nous repentons, — nous rétractons nos serments, nous voulons briser notre chaîiîe, — nous voulons nous séparer , — nous ne savons que revoler l’un vers l’autre.
ni.
Oh ! à toi la joie, à moi le crime! Pardonne-moi, beauté adorée ! Oublie-moi si tu veux; — mais ce cœur qui t’appartient expirera sans souillure, et, soumis à ton seul pouvoir, — il ne sera pas brisé par la main de l’homme.
Et mon âme, dans sa plus sombre amertume, farouche avec les superbes, sera humble avec toi : et nos jours cou-
leront aussi rapides el nos momenls plus doux avec toi k inou côté qu’avec le monde à nos pieds.
Un soupir de la douleur, un regard de ton amour, va me changer ou me fixer, me récompenser ou me punir; — les cœurs égoïstes s’étonneront de tout ce que je sacrifie; — tes lèvres répondront, non h eux, mais aux miennes !
Mai 1814.