PRÉFACE DES DEUX PREMIERS CHANTS. 2S
plus appropriée au rhylhme ancien que j'ai adopté. L'adieu qui se trouve au commencement du premier chant m'a été inspiré par l’adieu de lord Maxwel , dans les Poésies écossaises , publiées par M. Scott.
On trouvera peut-être dans la première partie, où il est question de la Péninsule, quelques légers points de coïncidence avec les différents poèmes qu’on a publiés au sujet de l’Espagne ; mais ces rapports ne peuvent être qu’accidentels ; car, à l’exception de quelquesunes des dernières stances, la totalité de ce poème a été écrite dans le Levant.
La stance de Spencer, si nous devons en croire l'un de nos poètes les plus estimés, comporte une très grande variété de tons. Voici comment s’exprime à cet égard le docteur Beattie : — «Il n’y a pas longtemps que j’ai commencé un poème dans le style et lerhythme de Spencer ; je me propose d’y donner libre carrière à ma fantaisie, et d'y être tour à tour plaisant ou pathétique, descriptif ou sentimental, tendre ou satirique, selon que l’envie m’en prendra; car, si je ne me trompe, le rhylhme que j’ai adopté admet également tous ces genres de composition. » — Fortifié dans mon opinion par une telle autorité et par l'exemple de quelques-uns des premiers poètes de l’Italie, je n'essaierai pas de justifier la variété de tons que j'ai cherché à introduire dans mon poème, convaincu que si je ne réussis pas, la faute en sera à l’exécution plutôt qu’à un plan sanctionné par la mise en pratique de l'Ariosle, de Thomson et de Beattie.
Londres, février 1812.