‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 145 sur 201 · PRÉFACE DES DEUX PREMIERS CHANTS. 2S · texte numérisé non relu

PRÉFACE DES DEUX PREMIERS CHANTS. 2S

voulais originairement le faire entrer, j’en aurais fait, h quelques exceptions près, un Timon moderne, ou peut-Être un Zéluco poétique. Londres, ISIS.

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Ni dans ces climats , pairie privilégiée de la beauté , où j’ai depuis peu porté mes pas errants , ni dans ces visions qui offrent au cœur des charmes qu’il regrette, en soupirant , de n’avoir vus qu’en songe , jamais rien d’aussi beau que toi n’apparut en réalité ou en imagination. Moi, qui t’ai vue , je n’essaierai pas vainement de peindre l’éclat mobile et changeant de tes charmes; mes paroles seraient faibles pour ceux qui ne te voient pas ; à ceux qui te contemplent, que diraient-elles?

Ah ! puisses-tu être toujours ce que tu es maintenant , et ne point démentir les promesses de ton printemps; conserver, avec des formes aussi belles, un cœur aussi aimant et aussi pur tout ensemble, image sur la terre de l’Amour sans ses ailes, et naïve au-delà de ce que peut imaginer l’Espérance ! Ah ! sans doute , celle qui maintenant élève avec tant d’amour ta jeunesse , en te regardant briller chaque jour d’un nouvel éclat, voit dans toi l’arc-en-ciel de son avenir, dont les célestes couleurs dissipent toutes les afflictions.

Jeune Péri de l’Occident! c’est un bonheur pour moi que mes années soient le double des tiennes; tranquille, mon regard sans amour peut se fixer sur toi , et contempler sans danger la florissante splendeur de tes beautés. Heureux de ne pas voir un jour leur déclin! plus heureux, lorsque tant de jeunes cœurs saigneront à cause de toi , le mien échappera au destin que réservent tes yeux à ceux qui doivent, plus tard, voir mêler à leur admiration pour toi ces angoisses inséparables des plus doux moments de l’amour!

Oh! ces yeux qui, vifs comme ceux de la gazelle, tour à tour brillants de fierté et beanx do modestie, nous subjuguent par un rapide regard , nous éblouissent en se fixant sur nous, laisse-les parcourir ces pages, et ne refuse pas à

mes vers ce sourire pour lequel mon cœur soupirerait en vain si jamais je devenais pour toi plus qu’un ami. Accorde-moi cela, jeune fille; ne me demande pas pourquoi, si jeune encore, je t’adresse mes chants ; mais permets-moi de joindre un lis sans tache aux fleurs de ma couronne.

C’est ainsi que ton nom se trouve uni h mes vers; et aussi longtemps que des yeux amis accorderont un regard au poëme d’Harold, le nom d’ianthe, ici consacré, sera lu le premier, le dernier oublié. Quand je ne serai plus , si au souvenir de cet ancien hommage tes doigts de fée s’approchent de la lyre de celui qui salua ta beauté naissante, ce sera pour ma mémoire un prix assez doux : c’est plus sans doute que n’ose réclamer l’Espérance j mais l’Amitié pourrait-elle demander moins ?

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