‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 166 sur 201 · L VII · texte numérisé non relu

L VII

Elle fut courte, vaillante et glorieuse sa jeune carrière. Deux armées le pleurèrent : ses amis et ses ennemis prirent le deuil. L’étranger arrêté dans ce lieu doit prier pour le glorieux repos de son âme intrépide ; car il fut le champion de la Liberté, et du petit nombre de ceux qui n’ont pas dépassé la mission de rigueur qu’elle impose à ceux qui portent son glaive; il conserva la pureté de son âme, et c’est pourquoi les hommes l’ont pleuré10.

LVUI.

Voilà Ehrenbreilstein 11 avec ses remparts écroulés, noirs encore de J’éruption de la mine ; du haut de sa colline , elle

montre encore ce qu’elle était alors que les bombes et les boulets rebondissaient autour d’elle sans l'entamer; tour de victoire d’où l’œil suivait dans la plaine la fuite de l’ennemi vaincu. Mais ce que la guerre n’avait pu faire, la paix l’a consommé: elle a ouvert aux pluies d’été ces voûtes superbes qui pendant des siècles avaient bravé une pluie d’airain.

Adieu, Rhin ! adieu, beau fleuve ! Avec quelle peine l’étranger ravi s’arrache de tes bords ! Ce séjour convient également et à deux âmes unies et à la contemplation solitaire; et si les vautours du remords pouvaient cesser de s’acharner sur le cœur devenu leur proie, ce serait ici, où la Nature, ni trop sombre, ni trop gaie, sauvage sans rudesse, imposante, mais non sévère , est à la terre féconde ce que l’automne est à l’année.

Adieu encore ! mais c’est en vain : on ne peut dire adieu h un semblable séjour ! L’esprit se colore de tes teintes, et les yeux se détachent de toi avec peine, ô fleuve enchanteur, te jetanlun dernier regard d’amour. Il est peut-être des contrées plus puissantes et plus brillantes; mais nul ne réunit comme toi, dans une ravissante variété , l’éclat, la beauté, la douceur et les glorieux souvenirs;

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