‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 17 sur 201 · A MARIE, EN RECEVANT SON PORTRAIT · texte numérisé non relu

A MARIE, EN RECEVANT SON PORTRAIT

Cette faible image de tes charmes ( l’artiste le plus habile n’a pu aller au-delà) apaise les craintes de mon cœur fidèle, ravive mes espérances, et me permet de vivre.

J’y retrouve ces boucles dorées qui flottent autour de ton front de neige, ces joues sorties du moule de la beauté, ces lèvres qui ont fait de moi ton esclave.

J’y rctrouY'e... Oh! non! ces yeux, dont l’azur flotte dans un feu liquide, défient tout l’art des peintres, et c’est en vain qu’ils essaieraient de les imiter.

Je vois bien ici leur teinte céleste; mais où est le charmant rayon qui s’en échappait et relevait l’éclat de leur azur, comme la lune dont la lumière se joue sur les flots de l’Océan ?

Douce copie, bien que privée de vie, bien qu’insensible, lu m’es plus chère que toutes les beautés vivantes, h l’exception de celle qui l’a placée près de mon cœur !

Elle l’y a placée avec tristesse, et avec la crainte, assurément bien vaine, que le temps ne fit changer mon âme vacillante, ignorant que son image est un talisman qui enchaîne toutes les facultés de mon être.

Elle charmera mes heures, mes années, ma vie entière; dans mes moments de tristesse, elle relèvera mon espoir; elle m’apparaîtra à ma dernière heure, cl mes regards expirants la contempleront encore.

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