VIXI ANNOS XXIII
Je ne connais rien de plus touchant que cette inscription, rien de pin# intéressant que cette histoire. Ce sont là des noms et des actes qui ne doivent pas périr. Nous aimons à y porter nos regards avec un plaisir affectueux, en lçs détournant de ce tableau confus de conquêtes et de batailles dont l’esprit est ébloui, et qui excite en cous une sympathie fausse et fébrile à laquelle succède le dégoût, résultat habituel de cet enivrement passager. B.
is J’écris ceci en face du Mont-Blanc (3 juin 18(6), qui même à cette distance éblouit mes yeux. — (20 juillet.) Aujourd'hui, j’ai observé pendant quelque temps, et d’une manière distincte, la réflexion, du mont Blanc et du mont d’Argeotière dans le calme du lac, pendant que je le traversais dans mon bateau. Soixante milles séparent ces montagnes de leur miroir. B.
t® Parmi les vers adressés à cette époque par le poète à sa sœur, on lit cette stance r
a J’ai rappelé à ta mémoire notre lac chéri*, auprès du vieux manoir qui peut-être un jour ue m'appartiendra plus. Le Léman est beau, mais crois-tu que j’oublie le doux souvenir d’un rivage plus cher? 11 faudra que
* Lo la* do l'abbaye ue Ncwstead.
LE PÈLERINAGE DE CHILDE-HAROLD. CD. IV. 391 le temps fasse bien des ravages dans ma mémoire avant que, lui ou toi, mes yeux cessent de vous voir ; et néanmoins, comme tout ce que j’ai aimé, ces objets ou sont loin de moi, ou je leur ai dit un éternel adieu. *
>7 La couleur du Rhône à Genève est bleue, d’une teinte plus foncée que je ne l’ai jamais vue dans une eau douce ou salée, à l’exception de la Méditerranée et de l’Archipel.
i® Ceci fait allusion au passage des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, dans lequel il parle de sa passion pour la comtesse d’Houdetot (maîtresse de Saint-Lambert), et de la longue promenade qu’il faisait chaque matin avec elle pour en recevoir le seul baiser qu’elle lui donnait en le saluant. La description de ce qu’il éprouvait en cette occasion peut être considérée comme l’expression de l’amour la plus passionnée, quoique chaste, que des paroles aient jamais pu donner, bien qu'après tout, ce. sentiment ne puisse être peint qu’imparfaitcment par des paroles. Un tableau ne peut nous donner qu’une idée imparfaite de l’Océan.
19 L’orage auquel ce passage fait allusion eut lien le 15 juin I8té, & minuit. Dans les montagnes acrocérauniennes de Chimart, j’en ai vu de plus terribles, mais aucun plus véritablement beau. B .
19 Voltaire et Gibbon.