‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 176 sur 201 · XL VI · texte numérisé non relu

XL VI

Celle page est maintenant devant moi, et snr la mienne les ruines de sa patrie viennent s’ajouter à la masse des étals expirés dont il déplorait le déclin, et moi la désolation. Toutes les ruines d’alors existent encore ; et maintenant, hélas ! Rome, la Rome impériale, abattue par l’orage, est couchée dans la môme poussière et les mêmes ténèbres ! et nous passons devant le squelette de sa figure titanique*, débris d’un autre monde, ei dont les cendres sont encore chaudes !

Et cependant, Italie ! le bruit de tes humiliations doit retentir et retentira chez toutes les nations du globe ; reine des beaux-arts, comme autrefois de la guerre, alors la main nous protégeait, et elle nous guide encore ; mère de notre religion, devant qui les nations se sont agenouillées pour

oblenir les clefs du ciel ! l’Europe, repentante de son parricide, peut te délivrer encore, et, refoulant les flots des Barbares, elle obtiendra de toi le pardon de ses torts.

Mais l’Arno nous appelle aux blanches murailles où l’Athènes de l’Ëlrurie réclame et obtient un intérêt plus doux pour ses magiques palais. Au milieu de son amphithéâtre de collines, elle recueille ses blés, ses vins, ses huiles* et là, tenant en main sa corne pleine, l’Abondance bondit, joyeuse et vive. Sur les rives où l’Arno promène en souriant ses ondes, le Commerce donna naissance au luxe moderne, et la Science, sortant de son tombeau, vit luire pour elle une nouvelle aurore.

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