‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 3 sur 201 · SCR LORD BYRON. V · texte numérisé non relu

SCR LORD BYRON. V

Dans quelques engagements autour de Missolonghi, il offrit une prime pour chaque prisonnier turc qui lui serait amené vivant. Se3 dons en argent étaient continus, ses conseils utiles, son zèle infatigable.

« Malgré son peu d’illusion et le jugement sévère qu’il portait sur les Grecs, il eut alors un moment d’espérance. Se disposant à passer dans la Morée, il hâta de ses derniers conseils la défense de Missolonghi, contre laquelle il prévoyait avec raison que se porterait tout l’effort de la prochaine campagne. 11 excita l’ingénieur Parry à relever, sur le sol marécageux et coupé de la ville, ces remparts de terre et ces fortifications informes qui arrêtèrent tant de mois l’armée turque, et donnèrent h l’Europe attentive le temps de la réflexion et de la pitié. Il retint d’autorité, pour munir ce poste avancé de la Grèce, l’artillerie que voulaient se faire donner Odyssée et les autres chefs mordîtes, et il affermit les habitants dans la résolution désespérée de s’ensevelir sous Missolonghi.

« Quant à lui, l’assemblée de Salone étant retardée par les divisions politiques et les difficultés des chemins, son parti fut pris de ne pas quitter le coin de terre que les Turcs allaient assaillir au printemps. Depuis plusieurs mois, malgré son courage et sa continuelle activité, il se sentait défaillir. Il était troublé par de tristes pressentiments, et par ces frissons involontaires qui sont moins des symptômes de faiblesse que des avant-coureurs de mort. Il vit avec tristesse, dans les murs de Missolonghi, l’anniversaire de sa trente-sixième année. Il le pleura dans des vers admirables, ses derniers vers, où, disant adieu à la jeunesse et a la vie, il ne souhaitait plus que la mort du soldat. Celte pensée lui revenait souvent. Il disait à un fidèle serviteur italien : Je ne sortirai pas d’ici; les Grecs, les Turcs ou le climat y mettront bon ordre. Dans ses lettres, il plaisantait encore sur les scènes de désordre et de misère dont il était témoin; mais sa mobile et nerveuse nature en souffrait profondément, et il y avait du désespoir dans son rire sardonique. Deux nobles sentiments soutenaient son àme, la gloire et l’amour de l’humanité ; mais son corps, vieilli de bonne heure, succombait. On lui écrivait des îles Ioniennes pour l’engager h quitter Missolonghi. Ses compatriotes, ses amis, le colonel Stanhope, le corsaire Trelawney, partirent. Il resta dans ce tombereau de boue, comme il disait énergiquement, au milieu des marais et des pluies insalubres de Missolonghi.il en ressentit bientôt la mortelle influence. Surpris par l’orage dans une promenade h cheval, et revenant trempé d’eau et de sueur, il monta dans une barque pour gagner sa demeure, et fut saisi d’une fièvre violente. Le lendemain, cependant, il parcourut encore h cheval un bois d’oliviers voisin de la ville, avec son fastueux cortège de

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