‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 31 sur 201 · LA COQUETTE · texte numérisé non relu

LA COQUETTE

EN RÉPONSE A CNE PIÈCE DE VERS DE J. M. B. PICOT, SCR LA CRUAUTÉ DE SA MAITRESSE.

Ami , pourquoi te plaindre des dédains de cette demoiselle ? Pourquoi te désespérer ? Essaie des mois entiers, si tu veux, la puissance des soupirs; mais, crois-moi, jamais les soupirs ne triomphent d’une coquette. .

Veux-tu lui apprendre à aimer? Feins quelque temps d’élre volage. D’abord, il est possible qu’elle le témoigne de l’humeur ; mais laisse-la faire, bientôt tu la verras te sourire, et tu obtiendras tout de ta coquette.

Car ce sont là les airs de ces belles capricieuses. Elles regardent notre hommage comme une dette ; mais en les délaissant un peu on les ramène, et on fait baisser pavillon à la plus orgueilleuse coquette.

Dissimule ton chagrin, relâche ta chaîne, parais mécon-

tent de sa hauteur; quaud lu lui rapporteras tes soupirs, tu

n’auras plus k craindre ses refus : elle sera k toi, ton aimable

coquette.

Si pourtant un faux orgueil lui faisait dédaigner les tourments, oublie, crois-moi, cette capricieuse; adresse tes hommages à d’autres, qui partageront ta flamme et riront de la petite coquette.

Pour moi, j’en adore une vingtaine et plus, et je les aime tendrement; mais bien qu'elles régnent sur mon cœur, je les abandonnerais toutes si elles agissaient comme ta jeune coquette.

Ne l’afflige donc plus; adopte mon plan; hrise le filet fragile qu’elle a jeté sur toi. Chasse le désespoir, et n’hésite plus k fuir cette adroite coquette.

Quitte-la, mon ami ! Défends ton cœur avant que tu sois tout k fait dans ses rets : n’attends pas qu’en ton âme profondément blessée l’indignation te fasse maudire la coquette.

21 octobre 480G.

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