‹ Œuvres complètes de Lord Byron Poésies diversesChapitre 47 sur 201 · VERS ÉCRITS SOCS ÜN ORMEAU DANS LE CIMETIÈRE · texte numérisé non relu

VERS ÉCRITS SOCS ÜN ORMEAU DANS LE CIMETIÈRE

d’harrow7®.

Lieu cher k mon jeune âge! tes vieux rameaux frémissent agités par la brise qui rafraîchit ton ciel sans nuage! Ici je

suis seul, et je médite; je foule ton gazon tendre et verdoyant, que j’ai tant de fois foulé avec ceux que j’aimais, avec ceux qui, dispersés au loin, regrettent peut-être comme moi les jours heureux qu’ils ont connus autrefois. En revoyant cette colline sinueuse, mes yeux t’admirent, mon cœur t’adore encore, ormeau vénérable qui tant de fois m’as vu couché sous ton ombrage, rêver h l’heure du crépuscule. J’étends encore ici mes membres fatigués, comme j’ai fait naguère; mais ce n’est plus avec les mêmes pensées. Tes branches, qui gémissent au souffle du vent, semblent inviter mon cœur a évoquer la mémoire du passé ; elles semblent murmurer, en se balançant doucement sur ma tête : « Pendant que tu le peux, dis-nous un long et dernier adieu. »

Lorsque le Destin glacera enfin ce cœur qu’agite une fièvre brûlante, et que ses inquiétudes et ses passions se calmeront dans la mort, j’ai souvent pensé que ce serait un adoucissement a ma dernière heure, si quelque chose peut adoucir ce moment où la vie abdique sa puissance, de savoir qu’une humble tombe, une étroite cellule renfermerait ma cendre aux lieux où se plaisait mon cœur; il me semblait qu’avec cet espoir la mort me serait douce. Ainsi, je reposerais là où se reportaient toutes mes pensées; je dormirais en ce lieu où naquirent toutes mes espérances, théâtre de ma jeunesse, couche de mon repos, étendu pour toujours sous cet ombrage protecteur, pressé par la pelouse où s’est jouée mon enfance, enveloppé par ce sol qui m’était cher, mêlé à la terre qu’ont foulée mes pas, béni par les voix qui, enfant, charmaient mon oreille, pleuré par le petit nombre de ceux qu’ici mon âme avait choisis, regretté par les amis de mon premier âge, et oublié du reste du monde.

2 septembre 1 807.

Les « Vers écrits sous un ormeau dans le cimetière d'Harrow » terminent te recueil imprimé à Newark en 1807. Nous allons maintenant donner l’article célèbre dans lequel la Revue d'Édimbourg attaqua ces productions de la jeunesse de notre poète. Le génie de Byron avait besoin peut-être de cette critique acerbe, de ce vigoureux stimulant. Ce fut l'indignation qui le fit véritablement poète

HEURES DE PARESSE

et lui révéla sa mission. C’est sous ce point de vue surtout que cette critique acquiert de l’importance. On voit dans les dernières lettres de Byron, qu’il l’attribuait à M. Brougham (aujourd'hui lord Brougham). Nous ignorons si celte opinion est fondée ; mais, quel que soit l’auteur de cet article, il forme dans l'histoire littéraire de Byron un lien si essentiel, que nous croyons devoir l’insérer ici en entier.

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