SOUVENIRS D’HORACE. — NOTES
quoique M. Hope n’eût pas encore obtenu la haute réputation littéraire que lui a faite son magnifique roman.
* Moschus. Dans le manuscrit original, « Hobhouse. »
» Pope avait dit:
« Et les descriptions tiennent lieu de bon sens. »
* Les vieilles ballades, les vieilles comédies, les histoires de vieille femme, sont aujourd’hui aussi recherchées que les vieux vins et les nouveaux discours. Merci à nos Heber, Weber et Scott. B.
[11 y avait une intention malicieuse de la part de l’auteur en plaçant le nom de Weber, qui est celui d’un pauvre compilateur allemand, entre ceux d’Hcber et de Scott.]
* Mac Flecknoe, la üunciade, et toutes les ballades satiriques de Swift. Quels que soient leurs autres travaux, ceux-ci portent le cachet de leur personnalité et de leur ressentiment contre des rivaux indignes, et, quoique le haut mérite de ces satires soit un des titres de leur réputation comme écrivains, leur âcreté nous fait penser moins favorablement du caractère de leurs auteurs.
A l’égard de Dryden, qui a immortalisé Shadwell, son successeur au titre de poète lauréat sous le nom de Mac Flecknoe et sous celui de Og dans la seconde partie d’Absa/on et Achitophel, et quant aux querelles littéraires dans lesquelles Swift et Pope se trouvèrent engagés, consultez les biographies de ces grands écrivains, et le triste, quoique curieux livre de M. lsraeli, les Querelles des Auteurs. B.
t A l’exemple du docteur Jonhson, Byron soutenait la supériorité de la rime sur le vers blanc dans la poésie an glaise. «Excepté Milton, » dit Byron dans sa longue lettre au rédacteur du Blanckwod’s Magasine, « aucun poète capable d’employer la rime n’a écrit de poésie en vers blancs. Jonhson a dit, non sans avoir hésité, qu’il ne pouvait prendre surlui de regretter que Milton n’eût point écrit en vers rimes. Je sais qu’il est de mode aujourd’hui de décrier ce grand homme, ainsi que Pope ; mais ses jugements seront toujours pour moi la plus haute autorité, et je crois en toute humilité que le Paradis perdu aurait été loin de perdre aux yeux de la postérité s'il avait été écrit, je ne dirai pas en vers héroïques, quoiqu’ils soient hla hauteur du sujet, mais dans la strophe de Spenser et du Tasse ou dans les tercets du Dante, que Milton aurait pu facilement greffer sur notre langue. tes Saisons de Thompson eussent gagné à être rimées, sans égaler pour cela son Château de l’Indolence, et la Jeanne d'Arc de M. Southey n'y eût rien perdu- »
* Dans la comédie de Vanbrugh, le Mari offensé.
9 Voir la Be'pëtition.
Johnson. >• Dites-moi, monsieur Bayes, quel est ce Drawcansirf»
Bayes. « C’est, Monsieur, un grand héros qui effraie sa maîtresse, gourmande les rois, se moque des armées, et fait tout ce qu’il lui plait, sans tenir compte des obstacles, du bon sens, de la justice. »
i® Harvey, le circulateur de la circulation du sang, jeta un jour Virgile loin de lui, dans une extase d’admiration, en s’écriant : « Ce livre
a le diable au corps ! » Dans le cas dont il s’agit, l’original que je cherche à peindre jetterait aussi probablement le livre loin de lui, et le donnerait à tous les diables. Bon pas précisément par mépris pour le poète, mais par une horreur bien légitime des hexamètres. L’indigestion classique des collèges suffirait pour détourner de la poésie le reste de la vie, et peut-être est-ce un bonheur. B.
11 Infandum, regina, jubés renovare dolortm.
J’espère que M. Tawell, que je suis loin d’avoir voulu insulter, me comprendra. B.
** Le révérend Tavrcll était un agrégé (fellow) dn collège de la Trinité, à Cambridge, pendant le séjour de lord Byron. Le poète se vengea, par cette mention satirique, de quelques réprimandes du révérend à propos des boutades du jeune poète. (Voir les Mémoires de M. Moore.)
14 Irène devait prononcer deux vers, ayant la corde déjà passée autour du cou ; mais le parterre cria : « Point de meurtre ! » et elle fut obligée de sortir vivante de la scène. « (Bosweli, Vie de Johnson.)
Ces deux vers furent supprimés, et Irène fut désormais mise & mort dans les coulisses. « Cet exemple prouve, dit M. Malone, combien les spectateurs modernes sont loin de permettre aux nouveaux auteurs ce qu’ils tolèrent dans les anciens. » Rowe, dans son Tamerlan, fait étrangler Moneses sur la scène ; Davies raconte, dans sa Vie de Garrtck, que l’exécution d’Irène coram populo, malgré l’avis d’Horace, fut conseillée par ce grand acteur. (Voir le Bosweli de Croker, vol. 1, p. 172.)
•* Dans le post-scriptum du Château des Spectres, U. Lewis nous avertit que, quoique les négresses fussent inconnues en Angleterre à l’époque oit il place son action, il a cru devoir se permettre cet anachronisme pour augmenter l’intérêt, et que, s’il eût cru produire plus d’impression en faisant son héroïne bleue, il n’aurait pas hésité à le faire. B.
1£ Au lieu de Bcnvolio, il y avait dans le manuscrit original le comte de Grosvenor.
16 En dédiant le quatrième chant de Childe-Marold it son compagnon de voyage, Byron le dcpeint.ainsi : — « Je lui ai dû les agréments d’une amitié toujours bienveillante et éclairée ; il m’a accompagné dans mes voyages, il m’a veillé dans mes maladies, consolé dans mes chagrins; il était heureux de mon bonheur. Il m’est resté fidèle aux jours de l’adversité: c’était un homme de bon conseil et courageux dans les moments de danger. »
M. .Ilohhouse, de son côté, exprime ainsi ses regrets de ce que Byron n’avait pu l’accompagner dans un court voyage à Negrepont : •— « 11 réunissait k une profondeur d’observation et à une naïveté charmante cette bonne humeur qui fait oublier les fatigues et retrempo l’âme dans les moments pénibles et difficiles. »
17 Voici, en peu de mots, l’histoire du bill sur les théâtres en 4733 ; Sir John Barnard proposa un bill pour diminuer le nombre des théâtres comiques et pour régler la police des acteurs. Le ministre sir Robert Walpole, regardant cette occasion comme favorable pour réprimer les abus
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des représentations théâtrales, proposa d’y Insérer une clause qui consacrait et augmentait le pouvoir d’autorisation préalable conféré au lordchambellan ; il insinua même que le roi n’adopterait le bill qu’avec cet amendement. Mais sir John Barnard s’opposa formellement à cette clause, prétendant que le pouvoir de ce fonctionnaire était déjà trop grand, et qu’il n’en abusait que trop souvent. En conséquence, il retira son bill plutôt que d’accroitre par une loi l’influence d’un salarié entièrement dépendant de la couronne. Cependant, dans le cours de la session de 1757, s’offrit nn prétexte que sir Robert s’empressa de saisir. Le directeur du théâtre de Goodman’s-Fields lui ayant apporté le manuscrit d’une farce intitulée le Croupion d'or, le ministre lui acheta les représentations de cette pièce et garda le manuscrit; puis il en fit extraire plusieurs passages remplis de blasphèmes, d’obscénités, de mots séditieux, les lut dans le parlement, et obtint un bill qui limitait le nombre des théâtres et soumettait toutes les pièces dramatiques à l’inspection du lord-chambellan.
18 Michael Perez, rôle du capitaine dans la comédie intitulée Rule a Wife and hâve a Wife,
Reynolds, dans sa Biographie de l’Époque, cite un exemple remarquable de la puissance de ce docteur : il avait ce qu’il faut pour menacer et commander. Menacer est le mot propre, car scs nombreux malades se tenaient immobiles devant ce regard redoutable. Au bout de quelques semaines do service auprès du roi, il donna à Sa Majesté un rasoir pour se faire la barbe et un canif pour se couper les ongles. A cette occasion, d’autres médecins l’accusèrent d'imprudence devaut un comité de la chambre des communes. M. Burkc se montra très sévère, et demanda impérativement si le royal malade avait eu un accès, et quel était ce pouvoir que possédait le docteur de se faire obéir par la terreur, a Mettez les bougies entre nous, répliqua le docteur d’on ton également impératif, et je vais vous donner la réponse. Je l’ai regardé ainsi.... Oui, Monsieur, ainsi... » M. Burke détourna la tête et ne répondit rien, reconnaissant le pouvoir de ce regard de basilic. Le docteur aimait à raconter cette histoire.
*9 Que ce sièclo soit une époque de décadence pour la littérature anglaise, c’est ce que tout homme qui a examiné tranquillement ce sujet ne peut mettre en doute. Qu’il y ait des hommes de génie parmi les poètes actuels, cela ne prouverait rien ; car, comme on l’a fort bien dit, après celui qui forme le goût de son pays, le plus grand génie est celui qui le corrompt. Personne n’a jamais refusé le génie à Marini, qui a corrompu non seulement le goût littéraire de l’Italie, mais encore celui de toute l’Europe pendant près d’un siècle; la source de l’état déplorable de la poésie anglaise est dans ce système absurde do déprécier Pope, qui pendant CC3 dernières années a été une sorte d’épidémie toujours croissante. Les lakistes, leur école et tous ceux qui les approchent, Moore luimême, les professeurs dilettanti, les vieux gentilshommes qui traduisent et imitent, les jeunes dames qui écoutent et répètent, les baronnets qui invitent les mauvais poètes à diner à la campagne ; la petite fraction des
gens d’esprit et la grande corporation des bas-bleus, se sont dernièrement réunis pour déprécier ce grand poète; et qu’avons-nous mis à sa place? l’école des lacs, qui commence avec un pocme épique écrit en six semaines (Jeanne d’Arc nous en avertit elle-même) et finit avec une ballade comme Pierre Bell, que l’auteur a mis vingt ans A composer, comme il prend soin de nous en informer. Qu’avons-nous mis à la place ? un déluge de romans flasques et inintelligibles, imites de Scott et de moi-même, qui avons de notre mieux mis en œuvre les matériaux d’un mauvais système. Qu’avons-nous mis à la place? Madoc, Talaba, Kehama , Cebir, et tant d’autres baragouinages écrits dans toutes les mesures , mais qui n’ont pas le sens commun. « — Lettres de Byron.
*t Fameux perruquier.
** 7ro pauperior. C’est ce mendiant qui boxa avec Ulysse pour un morceau de chevreau rôti, et perdit la moitié de ses dents par-dessus le marché. B.
*s La mine d’or de Wicklow, en Irlande, qui fournit assez de métal pour dorer une mauvaise guinée. B.
** Comme Pope a pris la liberté de maudire Homère, auquel il a tant d’obligation, on peut donc se permetlre par une licence poétique de maudire qui que ce soit en vers, et en cas de mauvaise querelle je me prévaudrai de cet illustre précédent. B.
*s Pour l’anecdote de la tragédie de Billy Havard, voyez la Vie de Garrick, par Davies. Je crois qu’elle s’appelait Régulus ou Charles I,r. Aussitôt que l’on sut qu’il était l’auteur, les spectateurs diminuèrent, et le libraire refusa de lui donner la somme convenue. « Havard, dit Davies, en était à ses dernières ressources, et on lui proposa pour rétablir ses affaires de traiter l’histoire de Charles I«, comme propre à captiver la faveur publique. Havard préférait encore à l’argent et à la réputation le droit d’avoir toutes ses aises, et Giffard le directeur insista sur cette clause, qu’il le logerait jusqu’à ce que la pièce fût achevée. Il y consentit, et Giffard l’enferma sous clef. La pièce fut jouée avec grand profit pour le directeur et quelque gloire pour l’auteur, dont elle rétablit un peu les finances. La curiosité publique voulut connaître l’auteur. C’était un secret qu'il fallait craindre de divulguer; mais Havard aimait trop sa réputation pour pouvoir longtemps garder le silence au-delà de la douzième représentation. Du moment où Havard s’avoua l’auteur, les spectateurs diminuèrent sensiblement, et son libraire refusa de lui donner la somme de tOO 1. st. pour le manuscrit. »
*8 Dans le manuscrit se trouvaient les deux vers et la note suivante :
« Ce que les dieux, les hommes et les affiches interdisent, le diable et Jeffrey le permettent à un Pieté. »
17 Voici le charitable passage de la Revue éclectique auquel fait allusion lord Byron :
« Si le noble lord et le savant avocat ont le courage nécessaire pour venger leurs offenses récipropres, nous entendrons probablement bientôt
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l'explosion d’une nouvelle balle de papier dans le goût du dernier duel que ce dernier a eu ou a feint d’avoir avec Little Moore. Il y a, sinon dans la critique, au moins dans la satire, des motifs suffisants pour forcer tout homme d’honneur à délier le provocateur à un combat mortel. »
« Hélas! je ne puis pas frapper de pareils malheureux. »
Macbeth.
*» Voir la critique de la Revue d’ Edimbourg sur les Heures de Paresse.
so Inventes alium, si te hic faslidit, Alexim.
31 La passion de Byron pour l’art de boxer l’avait de bonne heure mis en rapport avec Jackson, le plus distingué et, pour tout dire, le plus craint de3 professeurs de cet art, et il conserva le reste de sa vie une grande affection pour cet homme. Dans une note du XI» chant de Don Juan, il l’appelle son vieil ami, son maître et son guide corporel.
33 La Jeanne d'Arc de M. Soulhey est un peu plus immaculée que la Pucelle de Voltaire. B.
33 Comme le Richard de sir Bland Burgess, dont j’ai lu le dixième chant à Malte, sur une malle de la fabrique d'Eyres, <9, Cockspur-strect. Si l'on en doute, je produirai le porte-manteau d’oû j'ai tiré ma citation.
3* Lord Byron avait d'abord écrit :
Boiteux comme moi, mai* meilleur poète.
Après avoir lu les mémoires de M. Moore, on comprendra facilement pourquoi Byron a changé ce passage sur le manuscrit.
33 La Main Rouge d’Ulster figure habituellement dans les armoiries d’un baronnet des Trois-Royaumes.
36 Pollion, dans le manuscrit original Rogers.
37 Dans le manuscrit original on ni :
• Quelque* pairs reriificateur*, Carliste ou Carysfort. »
A ce vers est jointe cette note. « Je ne connais rien quant û présent du comte de Carysfort; mais ayant lu par hasard en Morée, dans de vieux journaux, l’annonce de plusieurs poèmes et tragédies par sa seigneurie, et étant moi-même un rimeur, il me pardonnera la liberté que je prends, pour compléter mon vers, de placer son nom h côté de celui d'un autre comte. »
i 33 Que M. Gifford me permette d’introduire ici le seul survivant, le dernier des Romains et des Cruscanti, Edwin. 11 est aussi vivant que dans s les jours de Bavius. Je croyais que Fitzgerald était le dernier des poètes, mais il n’en est que l’avant-dernier depuis 1 ’Épllre familière d l'éditeur du Morning-Chronicle, dont voici un extrait:
« Que de rames de papier, que de flots d’encre emploient certains hommes qui n’ont jamais pensé ! Peut-être en direz-vous autant de moi. Cependant je continuerai d'écrire, et je vous dirai pourquoi ? Rien n’est aussi déplorable, on ne saurait le nier; mais qui peut instruire les hommes sans risquer de les ennuyer? »
33 Voyez le I.tjcidas de Milton.
*o Minette était sortie la première du cerveau de Jupiter, et une suite de productions inqualifiables l’avaient suivie, telles que Madoc, etc. B.
** Une crofite pour les critiques ( la Répétition).
** Les domestiques sont les seuls assez heureux pour pouvoir se retirer, tout le reste des malheureux sujets du royaume littéraire étant obligé par courtoisie d’entendre le récit des vers de Fitzgerald. B.
** Fitzscribble, primitivement Fitzgerald. B.
** Nous parlions un jour, dit Boswell, sur le suicide. — Johnson. « Je n’ai jamais pensé à me détruire. » — Je posai l’hypothèse d’Eustache Budget!, qui, accusé d’avoir falsifié un testament, se jeta dans la Tamise avant que son crime fût prouvé : — «Supposez, Monsieur, disais-je, qu’un homme soit sûr que s’il vit quelques jours de plus sa fraude sera découverte, et qu’il sera, en conséquence, déshonoré et chassé de la société. — Johnson. Alors, Monsieur, qu’il aille dans quelque pays éloigné, quelque endroit oh il est inconnu ; mais qu’il n’aille pas dans l’enfer, où il est connu. »
l’adieü, écrit a une époque ou l’auteur croyait qu’il