A ANNA
O Anna! vous avez été bien coupable envers moi! J’ai cru qu’aucune expiation ne désarmerait mon courroux; mais la femme fut créée pour nous commander et nous tromper; j’ai revu votre visage, et je vous ai presque pardonné!
J’avais juré que vous n’occuperiez plus un seul moment ma pensée, et pourtant un jour de séparation me parut long ; quand je vous revis, j’étais résolu k ne pas me fier k vous ; votre sourire m’a convaincu bientôt de l’erreur de mes soupçons.
J’avais juré, dans le transport de ma jeune indignation, de vous vouer désormais le plus froid mépris : je vous vis, — ma colère se changea en admiration; et maintenant, tous mes vœux, tout mon espoir, sont de vous reconquérir.
Contre une beauté telle que la vôtre, combien il est in-
sensé de lutter ! Je m’incline humblement devant vous pour obtenir mon pardon. Pour terminer une discussion aussi inutile, je n’ajoute plus qu’un mot : trahissez-moi , ma douce Anna, le jour où je cesserai de vous adorer.
46 jauvier 4807.