NE ME FAIS PAS RESSOUVENIR
Ne me fais pas ressouvenir, ressouvenir de ces heures si chères, maintenant évanouies, où mon âme tout entière sc donnait à loi ; heures qui ne seront oubliées que lorsque le temps aura énervé nos facultés vitales, et que toi et moi nous aurons cessé d’être.
Puis-je oublier, peux-tu oublier comme ton cœur accélérait scs battements quand ma main se jouait dans l’or de ta chevelure ? Oh ! sur mon âme , je te vois encore avec tes yeux si languissants , ton sein si beau , et tes lèvres qui malgré leur silence respiraient l’amour!
Ainsi appuyée sur mon sein, tes yeux me lançaient un regard si doux qui tour à tour réprimait à demi et enflammait les désirs; et nous nous rapprochions plus près, plus près encore, et nos lèvres brûlantes venant h se rencontrer, nous nous sentions mourir dans un baiser.
Et alors ces yeux pensifs se fermaient; et les paupières, cherchant à se réunir, voilaient leurs globes d’azur, pendant que tes longs cils, projetant leur ombre sur les joues vermeilles, semblaient le plumage d’un corbeau déployé sur la neige.
Je rêvais la nuit dernière que notre amour était revenu. To le dirai-je! ce rêve, dans son illusion, était plus doux que si j’eusse brûlé pour d’autres cœurs, pour des yeux qui ne brilleront jamais comme les tiens dans l’enivrante réalité du bonheur.
Ne ine parle donc plus, ne me fais plus ressouvenir de ces heures qui, bien que pour jamais disparues, peuvent encore inspirer de doux rêves , jusqu’à ce que loi et moi nous soyons oubliés, et insensibles comme la pierre funèbre qui dit que nous ne serons plus.