IL FÛT UN TEMPS
Il fut un temps, — qu’ai-je besoin de le nommer ? nous n’en saurions perdre le souvenir; — il fut un temps où nous sentions de même, comme j’ai continué à sentit pour toi
Et depuis ce moment où pour la première fois ta bouche confessa un amour égal au mien, quoique bien des douleurs aient déchiré ce cœur, douleurs que le tien a ignorées et n’a pu ressentir,
Aucune, aucune n’a pénétré si avant que la pensée que tout cet amour s’est envolé, fugitif comme les baisers sans foi, mais fugitif dans ton âme seulement.
Et cependant mon cœur a éprouvé quelque consolation, lorsque naguère encore j’ai entendu ta bouche, avec un accent qu’aulrefois je croyais sincère,- rappeler le souvenir des jours qui ont été.
Oui! femme adorée et pourtant si cruelle, dusses-tu ne plus m’aimer encore, il m’est doux de voir que le souvenir de cet amour le reste.
Oui, c’est pour moi une pensée glorieuse, et mon âme désormais casera de gémir. Quoi que tu sois maintenant ou que tu puisses être dans l’avenir, tu as été chèrement, uniquement à moi.
quoi! tu me pleureras quand je ne serai plus!
Quoi! tu me pleureras quand je ne serai plus! 6 douce femme, redis-les-moi, ces mots. Toutefois, s’ils le font de la peine, ne les répète pas. Pour rien au monde je ne voudrais t’affliger.
Mon cœur est contristé, mes espérances sont évanouies, mon sang coule froid dans mon sein; et quand j’aurai cessé de vivre, loi seule viendras gémir au lieu où je reposerai.
Et pourtant il me semble qu’un rayon de paix brille ù travers le nuage de ma douleur; et la pensée que ton cœur a eu compassion du mien suspend un moment mes souffrances.
Oh! bénie soit celte larme; elle coule pour quelqu’un qui ne peut pas pleurer ; ces gouttes précieuses sont doublement chères à celui dont les yeux ne peuvent plus en répandre.
Femme adorée, il fut un temps où mon cœur était chaleureux et prompt h s’attendrir comme le tien; mais la beauté elle-même a cessé de charmer un malheureux fait pour gémir.
Et pourtant tu me pleureras quand je ne serai plus ! Femme chérie, redis-les-moi, ces mots. Toutefois, s’ils te font de la peine, ne les répète pas. Pour rien au monde je ne voudrai» t’affliger.