A THYRZA
Sans une pierre qui indique le Heu de ta sépulture et dise ce que la vérité pourrait dire sans rougir, oubliée
peut-être de tous, excepté de moi! ali! où ont-ils déposé tu cendre?
Séparé de toi par les mers et de nombreux rivages, je t’ai aimée en vain; mon passé, mon avenir, se reportaient vers loi, et tendaient a nous réunir.... — Non, — jamais! jamais !
Si cela avait pu être, — une parole, un regard qui m’auraient dit : a Nous nous quittons amis, » auraient fait supporter à mon âme avec moins de douleur le départ de la tienne.
Et puisque la Niort te préparait une agonie douce et sans souffrances, n’as- lu pas désiré la présence de celui que tu ne verras plus, qui te portait et te porte encore dans son cœur?
Oh ! qui mieux que lui eût veillé près de loi, et observé douloureusement ton œil fixe ou terne dans ce moment terrible qui précède la mort, alors que la tristesse étouffe ses gémissements ,
Jusqu’à ce que tout 6oit fini ? Mais du moment où tu aurais été affranchie des maux de ce monde, les larmes de ma tendresse, se faisant un passage, eussent coulé en abondance — comme elles font maintenant.
Comment ue couleraient-elles pas, quand je me rappelle combien de fois, avant mon absence passagère, dans ces tours aujourd’hui désertes pour moi, nous avons confondu nos pleurs affectueux !
A nous alors le regard aperçu de nous seuls, le sourire que nul autre que nous ne comprenait, le langage à demivoix de deux cœurs d’intelligence, l'étreinte de nos mains frémissantes;
Le baiser si innocent, si pur, que l’amour réprimait tout désir plus brûlant; — tes yeux annonçaient une âme si chaste, que la passion elle-même eût rougi d’en demander davantage ; —
Cet accent qui me rappelait à la joie, quand, différent de toi, je me sentais disposé à la tristesse; ces chants que ta voix rendait célestes, mais qui dans toute autre bouche me sont indifférents!
Cio OEUVRES DE LORD BYRON.
Le gage d’amour que nous portions, — je le porte encore; mais où est le lien? — Ah! où cs-tu? Le malheur a souvent pesé sur moi, mais c’est la première fois que je ploie sous le faix.
Tu as Lien fait de partir au printemps de la vie, me laissant vider seul la coupe des douleurs. Si le repos n’est que dans la tombe, je ne désire pas te revoir sur la terre.
Mais si dans un monde meilleur tes vertus ont cherché un séjour plus digne d’elles, fais-moi part d’une portion de ta félicité, pour m’arracher k mes angoisses ici-bas.
Apprends-moi (cette leçon, devais-je si tôt la recevoir de toi?), apprends-moi à me résigner, soit que je pardonne, soit que je sois pardonné : si pur était pour moi ton amour sur la terre, que je me prends à espérer de le retrouver dans le ciel. 44 octobre 4 su.
STANCES