SCENE II
BLASKOFF, THÉBALDO, FÉDOR, esclaves.
THÉBALDO.
Eh quoi ! toujours l'air sombre et soucieux ! Tout semble fait ici pour attrister mes yeux : Les usages , le ciel , le pays et les hommes ! Pourqwoi ce front cha .rin ?
FÉDOR
Vous savez qui nous sommes , Et vous le demandez !
TUÉnALDO.
î)èst|u*a brillé le j ouf I
OLGA
J'ai couru m'égarer dans les champs d'alentour : Là mon œil s'élançait vers cette Moscovie , Cette terre où des arts , doux charmes de la vie, Ma main va la première agiter le flambeau.
FÉDOR
Pourquoi dès le matin sortir de ce château P Lorsqu'à peine il fait jour , pourquoi courir la ville ? Quand on n'a pas de maître on peut dormir tranquille; Vous êtes libre , vous.
THÉBALDO.
Et ne savez-vous pas Quels devoirs frlorieux jîuident ici mes pas? Loin de mon beau pays quel noble orgueil m'entraîne? Votre maître , envoyé par votre souveraine , Pour un peuple sauvage est venu sur nos bords Du savoir en son nom réclamer les trésors. Il parle ! Je m'arrache à ma chère Italie; Et bientôt par mes mains cette terre embellie Accueillera les arts nés sous des cieux lointains. Ah ! l'homme qu'on appelle à de si hauts destins Doit veiller , les regards attachés sur l'histoire : Ce qu'il donne au repos est perdu pour la gloire !
BLASKOFF.
La gloire ! Que dit-il? Le comprends-tu , Fédor ?
FÉDOR
Non.
THÉBALDO.
Près de moi prenant bientôt un noble essor , Vos cœurs à ce seul mot s'enflammeront peut-être. Des arts que m'enseigna Michel-Ange , mon maître , J'allumerai pour vous les flambeaux créateurs. S'élevant sous mes yeux, architectes, sculpteurs, De l'ignorance un jour briseront les entraves. La gloire vous attend.
FÉDOR
Serons-nous moins esclaves ?
THÉBALDO.
Votre sort peut changer. Veuve de Vassili, Hélène veut , dit-on , dérober à l'oubli Cet empire naissant dont ses mains souveraines A l'orgueil des hoïards ont arraché les rênes; Pour servir ses desseins, votre maître , à ma voLx, De votre joug bientôt allégera le poids. Des mœurs qu'il observa sur de plus doux rivages Lh souvenir le suit dans ces climats sauvages. A ce bienfait des arts l'amour joindra les siens. Olga , vous le savez, aux champs italiens VU chérir son pouvoir à son âme charmée; lelUic orpheline , Rimant autant qu'elle est aimée ,