‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 140 sur 560 · ACTE I. i · texte numérisé non relu

ACTE I. i

Elle abandonna tout pour se donner à lui :

Son empire innocent deviendra votre appui.

Oui , pour vous désormais des jours heureux vont naitre :

Obolenski l'adore...

FÉDOR

n la vendra peut-être.

THÉBALDO.

Qu'entends-je !

FÉDOR

Nous l'aimons , elle est bonne, et toujours Nous prierons saint Neuski de veiller sur ses jours. Mais au joug d'un boïard elle s'est enchaînée. Et vous, ([ui nous parlez d'une autre destinée, De beaux-arts , dont ici vous vantez les bienfaits , Savez-vous donc pour nous quels seront les effets? Augmenter nos travaux et prolonger nos veilles. Nos mains vous aideront à créer des merveilles ; Heuretix de vos succès, vous vous enrichirez ; Nos maîtres dormiront sous des lambris dorés ; Mais nous, dans tous cesbiensentrons-nousen partage? Rendra-t-on moins amer le pain de l'esclavage ? Verra-t-on en pitié nos maux et nos besoins? Non : des travaux de plus, pas un malheur de moins , Tel est notre avenir ! Eh bien ! il faut qu'il change ; Que le serf, à la fin, s'affranchisse et se venge. Naguère , mes amis , dans des climats lointauis Nos yeux avec douleur ont vu d'autres destins : Le sort de l'homme liljre excita notre envie ! Demain nous rentrerons dans notre Moscovie : Il faudra de nos maux recommencer le cours , Au bâton d'un esclave abandonner nos jours ! Quand l'hiver du Volga vient attrister les rives , Le pied du voyageur foule ses eaux captives; Mais le printemps renaît, et le fleuve irrité Rompt sa chaîne de glace et roule en liberté. Pour nous jwint de printemps, pour nous point d'espérance! Il ne luit pas le jour de notre délivrance ! Pourquoi fouler encor le sol où je gc'mis ? Ma patrie est aux lieux où je suis libre ! Amis, De l'empire d'Hélène un seul jour nous sépare : Profitons-en , restons dans les champs du Tartare; Là chacun jouira des fruits de son travail ; On ne nous vendra plus ainsi qu'un vil bétail. Nous nous appartiendrons.

BLASKOFF.

Fédor ! qu'oses-tu dire I

FÉOOK.

Je suis las de mon sort : c'est assez le maudire; J'en veux clianger I Amie < me lecondereZ'Vous f

uo

Page 1