‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 146 sur 560 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

OBOLENSKI, BOSCARIS, esclaves.

OBOLENSKI , se levant.

Quel est ce bruit ?

BOSCARIS , entranf.

Esclaves , qu'on me suive !

OBOLENSKI.

Que vois-je ! Boscaris !

BOSCARIS.

C'est moi-même ; j'arrive :

La tsarine m'envoie au-devant de tes pas. A te trouver sitôt je ne m'attendais pas.

OBOLENSKI.

Hélène?

BOSCARIS.

Quel bonheur lui rendra ta présence !

OBOLENSKI.

Le crois-tu , Boscaris ! Toi qui, né dans Byzance ,; Loin des murs où régnaient Mahomet et la mort , Vins chercher des chrétiens sous les glaces du Nord ; Toi dont notre tsarine accueillit la détresse , Tu m'as fait oublier. Des enfants de la Grèce On connaît le pouvoir sur tous les cœurs séduits !

BOSCARIS.

Je lui parlais de toi pour calmer ses ennuis. Moi seul, je l'avouerai , dans cette cour sauvage , Quand les flots t'emportaient vers un lointain rivage. Par mes doctes récits j'embellissais des jours Si longs en ton absence , et près de toi si courts. Guidés par mes leçons, et franchissant l'espace , Sur les mers avec moi ses yeux suivaient ta trace. Quels étaient ses plaisirs quand je lui racontais L'histoire des pays qu'alors tu visitais ! Dans ces doux entretiens elle trouvait des charmes ; Ma voix la consolait, et j'essuyais ses larmes.

OBOLENSKI.

Ami!...

BOSCARIS.

De mes succès ne sois point offensé ; Boscaris ne t'a pas tout à fait remplacé.

OBOLENSKI.

Cesse un pareil langage.

BOSCARIS.

Ah ! j'entends ! du mystère !

Mb

On doit , amant lieureux , soupirer et se taire ! Les voyages lointains, unis à mes leçons, T'ont formé , je le vois.

OBOLENSKI.

Boscaris , finissons !

Je suis las!...

BOSCARIS.

Quel courroux de ton âme s'empare !

Prends garde , Obolenski , lu redeviens Tartare.

OBOLENSKI.

Sans doute la tsarine , en t'envoyant vers moi , T'a chargé d'un message ?

P.OSCARIS.

Elle tremblait pour toi.

Des dangers , des complots menacent son empire : Belski, ce vieux boïard qui sans cesse conspire, Qui , proscrit, vit passer ses trésors dans ta main , .Se réveille , et de Kioff a repris le chemin ; Par l'espoir aujourd'hui sa haine ranimée Suscite contre nous les hordes de Crimée. Pour ton retour Hélène a craint quelque danger : Suivi de cent strélitz, je viens le protéger.

OBOLENSKT.

Je te Vends grâce , ami,

BOSCARIS. *

Ce n'est pas tout encore : Hélène de ses dons veut que je te décore ; Je t'apporte, en son nom , la pelisse d'honneur,

OBOLENSKI.

Que dis-tu !

BOSCARIS.

Tes rivaux envîront ton bonheur!

.\Iais il faut qu'avec moi tu poursuives ta route. La tsarine en tremblant compte les jours.

OBOLENSKI.

Sans doute (A pari. ) Je le dois. Pauvre Olga !

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