‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 18 sur 560 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

RAYMOND, ALMODAN.

ALMODAN.

Jl m'ose menacer ! il verra si mon cœur

Renonce à la vengeance et connaît la terreur.

Pour ce roi qu'il protège et que mon peuple honore

Un reste de respect me retenait encore ;

En plongeant dans les fers ces perfides chrétiens ,

Satisfait d'arrêter leurs projets et les siens ,

3 "hésitais ; et ma haine ei'it consenti peut-être

A laisser lihrement languir ici leur maître.

ïS'ouradin de ce lieu le pourrait arracher :

Dans le fond des cachots qu'il viemie le chercher ;

Des fers me répondront de ce roi que j'ahhorre.

RAYUOND.

Un serment de Louis t'en répond mieux encore.

ALMODAN.

11 pourrait le trahir. De son fier protecteur Je veux par-là du moins abaisser la hauteur. Jl se plaît à braver ma puissance absolue ; 11 défend les chrétiens... leur perte est résolue. Tisir , veille sur eux.

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RAYMOND, seul.

Il va donc les frapper !

Aux fureurs du soudan nul ne peut échapper. Mais si , de Nouradin secondant la vaillance , Je pouvais... O mon cœur, rerois cette espérance. Vous allez tous périr sur des bords étrangers ; On arme vos Ijonrreaux... J'adopte vos dangers ; Je veillerai sur vous : dissipez vos alarmes. ISe me repoussez pas , ô mes compagnons d'armes ; Pardonnez à Raymond : dans son c(rur abattu I/cxcés de s( s remords ra[H)elle la verUi. Oui. je vais de mon roi recompiérir l'eslime ; En embrassant son U\< il oubliera mon crime.

Apaise ton courroux , ô Dieu qui me poursuis : Je puis sortir encor de l'opprobre où je suis.

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