RAYMOND , PHILIPPE
PHILIPPE
Eh bien ! es-tu content , visir, de ton ouvrage ? A nos guerriers captifs on prodigue l'outrage; Bientôt du poids des fers on va charger leur roi : Almodan peut-il mieux s'acquitter envers toi ?
RAYMOND
Ah ! ne m'imputez point la fureur qui l'anime.
II t'a dû consulter, puisqu'il s'agit d'un crime.
RAYMOND
Pensez-vous qu'un chrétien m'outrage impunément !
PHILIPPE
Vois nos mépris : ils sont ton premier châtiment.
RAYMOND
IMaîtrisez, croyez-moi, le transport qui vous guide. Vous voyez un visir....
PHILIPPE
Je ne vois qu'un perfide.
RAYMOND
Songez que pour vous perdre il n'a qu'à le vouloir, Et par prudence au moins ménagez son pouvoir.
PHILIPPE
Ce pouvoir, prix honteux des parjures d'un traître, N'est qu'un titre de plus à l'horreur qu'il fait naître.
RAYMOND
Ah ! c'en est trop enfin. Eh! malheureux, sais-tu Si mon cœur, en secret de remords combattu, Ne maudit pas son crime? Et quand ta voix m'offense, Sais-tu si, des chrétiens embrassant la défense. Je n'allais pas enfin expier mon erreur ?
PHILIPPE
Porte ailleurs tes secours, ils nous feraient horreur.
RAYMOND
Je me flatterais donc d'une espérance vaine!
N'attends plus des chrétiens qu'une éternelle haine.
RAYMOND
Le chemin de l'honneur m'est fermé sans retour ! Chrétiens et nmsulmans m'accablent tour à tour. Quels mépris, (piels affronts il faut (|ue je dévore!
LOUIS IX. — ACTR III
Mon cœur, mon lâche cœur les souffrirait encore Kli bien ! de mon courroux redoutez les effets !
Nous attendons la mort.
RAYSIOND, en sodant.
Vous serez satisfaits.
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