SCENE vn
ELISABETH, seule.
Ainsi, de mes bontés abjurant la mémoire ,
Il n'a pu devant moi parler que de sa gloire.
A l'aspect de ces lieux , immobile et glacé ,
L'ingrat n'a rien trouvé de plus dans le passé.
Que je souffre!... Mais quoi! peut-être dans son âme
Quelque nouvel amour?. .Oui! . .Quelle estcette femme?
A ces jeunes beautés qui composent ma cour
Le perfide jamais n'a-t-il parlé d'amour ?
Que sais-je? quelquefois j'ai cru le voir vers elles
Diriger des regards qui m'étaient infidèles
Qui que tu sois , ô toi qui m'as ravi son cœur , Prends garde ! jouis bien d'un rapide bonheur. La fille d'Henri-Iluit . si longtemps outragée , Peut se lasser enfin de n'être pas vengée ! Hâte-toi de l'aimer !... Sa vie est en péril.
( -V lin page.) Qu'on appelle à l'instant sir Raleig, lord Cécil ,
(Le page sort.) Le duc de Nottingham. — Punissons un rebelle. Le coup qu'on va frapper retombera sur elle ; Mes yeux pourront enfin jouir de sa douleur . Je la reconnaîtrai sans doute à sa pâleur. Que je vais être heureuse !