‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 201 sur 560 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ELISABETH , Sir RALEIGH.

ELISABETH

Eh bien ! Raleigh , eh bien ! qu'avez-vous à me ilirc ?

Essex a-l-il quitté la ville en fugitif,

Ou dans la tour de Londres est-il enfin captif?

RALEIGH

Le comte est dans les fers.

ELISABETH

Il est en ma puissance !

El vous a-l-il , Raleigh , expliqué son absence ?

RALEIGH

J'en soupçonne la cause.

ELISABETH

Ah ! vous la soupçonnez.

Quelle e.sl-elle?

RALEIGH

Je crains...

ELISABETH

Qu'avez-vous ?

RALEIGH

Pardonnez.

Je m'abuse peut-être !

ELISABETH

Encor? Pourquoi vous taire !

Achevez.

RALEIGH

C'est à vous de percer ce mystère.

Vos ordres m'imposaient un pénible devoir , Reine; je l'ai rempli!... vous allez tout savoir. De la maison d'Essex gardant les avenues , Mes gens veillaient , placés à toutes les issues , Et du comte en silence épiaient le retour. Une pâle clarté nous annonçait le jour , Lorsqu'au loin , s'ontouranl des plis d'unm;iiileaii somKr»-, Je vois un homme seul qui .se glissait dans l'ombre. 11 approche : vers lui s'élancent mes soldats; nientôt tous les chemins sont fermés à ses pas. (Cherchant dans son épée une défense vaine, Il combat ; je m'avance , et je nomme la reine ; Il cède enfin!... C'était mylord Essex !.. Je veux, P(»ur accomplir votre ordre et contenter vos vdnix , Saisir tous ses papiers. Sans peine il me les donne ; Mais je vois sur son sein un objet qui m'étonne ;

ELISABETH D'ANGLETERRE. - ACTE IIL

C'est une riche écliarpe où brillent à nos yeux Des chiffres inconnus , des mots mystérieux.

KLISVBETII.

T'ne écharpe !

RALEIGII.

Je veux l'en dépouiller. Peut-être , Signal de rallîment entre les mains d'un traître , Elle doit révéler quelque important secret ! Par mon ordre un soldat dtjà s'en emparait : Le comte , furieux , la menace à la bouche , llepousse ses efforts avec un cri farouche , Se débat, la retient, la presse sur son coeur !..., Mais que pouvait dEssex l'inutile fureur ? Il frappe , il veut mourir 1 ... On respecte sa vie ; On l'entraîne ; l'écharpe à ses mains est ravie ; Et , suivant l'ordre exprès que vous avez dicté , Je la dépose aux pieds de votre majesté.

ELISABETH

Donnez , Ralcigh , donnez. Combien je vous rends grâce ! (^ui , d'un crime nouveau nous surprendrons la trace

(A elle-même.) C]elte écharpe sur lui saisie au point du jour , Qu'il pressait sur son cœur ! . . . c'est un gage d'amonr , Je n'en saurais douter.

RALEIGH, à part.

Le trouble est dans son âme !

J'ai frappé juste.

ELISABETH , à elle-même.

Essex aux genoux d'une femme ' Cette nuit ! ... il jurait de l'adorer toujours ! Et moi je l'excusais , je tremblais pom* ses jours 1... Oh ! qui me livrera la coupable ?... Insensée ! Laisserai-je Raleigh lire dans ma pensée? Il m'observe : cachons ma faiblesse à ses yeux. (Elle jette l'écharpe sur une table.) (Haut.) Nottingham tarde bien à se rendre en ces lieux ; Il me doit du coupable apporter la sentence. On dit qu'au parlement il a pris sa défense ''

RALEIGH

Reine, pardonnez-lui : l'amitié l'égarait.

ELISABETH

Jel'altends. Devant vous je signerai l'arrêt, Et, sans plus hésiter , je lui ferai connaître Qu'on m'offense, Raleigh, en défendant unlraître.

LN HUISSIER

Lord duc de Nollingham !

{ A Raleisli.;

()ii"il (Mire. — Demeiu'oz.

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