‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 211 sur 560 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ANINA, Comtesse DE SUFFOLCK, la Duchesse nE RUTLAND, ELISABETH, assise sur les coussins; Dames d'hon.veur de la Reine.

ÉLISAHETri, à elle-même.

.Sept heures!... rien encore !... Il est au parlement ; Le malheureux suhit son premier châtiment ; Il entend son arrêt à genoux sur la pierre !

(Haut.)

Et nul message !. . . Essex ! . . . Achevez la prière . Comtesse de Suffoick.

ANNA, lisant.

(1 Je tomhe méprisé !

H Ainsi, sur le Liban , tombe un cèdre brisé ; 1) Et le passant oublie , en foulant son feuillage ,' n Que du cèdre naguère il implorait Tombrage. »

ELISABETH , à elle-même.

Qu'entends-je ? Ah ! s'il succombe, ainsi tous ces flatteurs Qui portaient à ses pieds leurs hommages menteurs , Outrageant tour à tour sa puissance éclipsée . Se vengeront sur lui de leur honte passée.

(Haut à la comtesse.} Pauvre Essex ! — Poursuivez.

ANNA, lisant.

« Gloire à Dieu ! Les méchants M Tomberont sous sa faux comme l'herbe des champs » Les œuvres de leurs mains passeront coiume une ombre. » Le Seigneur de leurs jours a mesuré le nombre ; » Aux rêves de l'orgueil il faudra dire adieu. » C'est l'heure du Très-Haut ! Gloire à Dieu ! »

tUSABETU.

Gloire à Dieu!

ANNA, lisant.

t< Mesjours sont poursuivis parles puissants du monde; M Ils n'ont pas eu pitié de ma douleur profonde. Il Contre eux . dans ma misère , o;i sera mon support ? M Car j'ai vu préparer les instruiiieuls demort. »

ELISABETH , se levant.

Assez ! assez ! fermez ce livre !... Quel supplice ! Tu sais, Dieu tout-puissant , si je veux qu'il périsse? Je ne lui demandais qu'un repentir... Eh quoi ! Ne l'obtiendrai-je pas? ne veut-il rien de moi? Rien !.. pas même la vie !.. Un mot, et je pardonne!

(Aux dames d'honneur.) Le dira-t-il?.. — C'est bien, mesdames... Je métonn»- Que lady Nottingham ne soit pas avec vous. A-ton su quel motif la retient loin de nous ?

ANNA

Avec lord Nottingham la duchesse est sortie. Sara par la doideur semblait anéantie.

Si la reine çon)mande...

i^XISABETH.

Il suffit... Écoutez!...

jN'entends-je point des pas? Oui, quelqu'un vient. Restez, Mais qu'on s'écarte un peu. C'est sir Raleigh sans doute.

(Les dames vont se grouper dans le fond.) Que va-t-il m'annoncer? J'attends et je redoute Sa présence !

Page 1