THEUDERIC
Au couvent de Luxeu je donne cent arpents.
CHILDEDERT.
Va donc, et, désarmant les célestes vengeances, Rapporte parmi nous les saintes indulgences.
PÉPIN
Avance , Eptadius ; que nous veux-tu ?
EPTADIDS.
Je viens Devant vous tous, seigneurs, déclarer que mes biens De ma femme , après moi , deviendront le partage , Et que , selon ses vœux , son immense héritage N'appartiendrait qu'à moi si le Seigneur un jour La voulait enlever à mon fidèle amour.
PÉPIN
Qu'ainsi soit! Ces prélats , ce peuple qui t'éeoute , De voire engagement se souviendront sans doute ; Mais à tes descendants , s'il fallait l'attester. De cet acte , après nous , quel témoin doit rester ?
EPTADIUS , présentant un enfant de douze ans. Né dans notre cité, cet enfant se dévoue.
PÉPIN
Qu'un esclave trois fois le frappe sur la joue ,
Afin que cet enfant , dans le temps à venir ,
De cet événement garde un long souvenir,
La mémoire est fidèle aux choses du jeune âge !
Il pourra, s'il le faut, rendre un jour témoignage.
( On emmène l'enfant ; Eptadius et sa femme se mêlent à la foule. )
( A Gislemar. )
Maintenant , Gislemar , dis aux Francs que le roi
Attend , avec leurs dons , l'hommage de leur foi.
( Sur un signe de Gislemar, Gaulois et Francs s'avancent portant , les uns des gerbes , d'autres des paniers pleins de fruits , d'autres des tuniques, de riches coffres, des vases d'or, des tissus d'un travail précieux, etc., etc. Ils s'agenouillent sur les marches du tnjne de Childebert, déposent leurs offrandes, et passent. )
DErxiÈME GAULOIS, qui a parlé dans la première scène et qui marche à la tëtc de ceux qui portent des gerbes et des fruits.
De nos riches moissons agréez les prémices ,
Roi des Francs I
GISLEMAR , montrant des Gaulois ([ui ne portent rien.
Vingt taureaux et cimiuante génisses
Par CCS hoiuiiics du Nord sont offerts, et demain
LE KOI FAINÉANT. — ACTt: 111.
De vos maisons des champs ils prendront le chemin
( Il infli(iuc ceux qui portent des luni(|ucs , des vases , etc. ) Daignez avec bonté recevoir ces timiques, Ces coffres remplis d'or , ces tissus magnifiques , Ces vases précieux.
PREMlEll GAULOIS , qui a parlé dans la première scène. , De ma main , seigneur roi , | Accepte cette épée et ce casque .
CIlIIiDEBERT , qui a salué , sans quitter son trône, tous ceux I qui ont passé devant lui , se lève avec impétuosité. |
Ali! c'est toi I
Qui nf iionores le mieux ! Donne ce casque , donne ! C'est pour un front de roi la plus belle couronne. ( Il place le cas(|ue sur sa tête. ) PÉPIN, à Gislemar , à demi-voix.
Le nom de ce Gaulois ?
GISLEMAR , bas à Pépin.
Leudemont, de Paris.
PÉPIN
De son présent bientôt tu lui paieras le prix , Gislemar; tu comprends?
GISLEMAR.
Oui , seigneur duc !
( On entend des fanfares dans la coulisse. )
Qu'entends-je ?
PÉPIN
Le signal des festins.
CHILDEBERT
Ah ! marchons.
(Il descend du trône, tout le monde se lève et se dispose à raccompagner. ) GISLEMAR , faisant signe aux soldats d'écarter la foule.
Qu'on se range !
l'ÉlMN.
Du banquet solennel ordonné par mes soins Les Gaulois et les Francs bientôt seront témoins.
CHILDEBERT
Allons !
PÉPIN , à Gislemar, à demi-voix.
Ecoute ! il faut qu'à mon royal convive On prodigue les vins.
GISLEMAR, bas à Pépin.
Je comprends.
CHILDEBERT
Qu'on me suive !
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CHLOJ.>SiiN DE , qui sest montrée de temps en temps parmi les esclaves durant les scènes précédentes ; Soldats germains, Foule de Gaulois.
CIILODSINDE, » part.
G mon Dieu , mets la force en son cœur chancelant !
PREMIER SOLDAT GERMAIN, aux autres.
A quoi lui servira ce glaive étincelant
Qu'il semblait admirer , et dont le poids l'accable?
DEUXIÈME SOLDAT
A dépecer les daims qui chargeront sa table. CIILODSINDE , aux Gaulois (pii lentourent d'un coté du théâtre
pendant que les soldats sont de l'autre. Si l'héritier des rois iiuplorait votre appui , Que feriez-vous?
PREMIER GAULOIS
Nos cœurs et nos bras sont à lui !
DEUXIÈME GAULOIS
Il est temps que ce soit enfin le roi qui règne !
CIILODSINDE.
Eh bien ! venez demain l'entourer dans Compiègne.
PREMIER GAULOIS
Wous y serons .
CIILODSINDE.
Gaulois , l'aiglon prend son essor.