‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 295 sur 560 · THEUDERIC · texte numérisé non relu

THEUDERIC

Au couvent de Luxeu je donne cent arpents.

CHILDEDERT.

Va donc, et, désarmant les célestes vengeances, Rapporte parmi nous les saintes indulgences.

PÉPIN

Avance , Eptadius ; que nous veux-tu ?

EPTADIDS.

Je viens Devant vous tous, seigneurs, déclarer que mes biens De ma femme , après moi , deviendront le partage , Et que , selon ses vœux , son immense héritage N'appartiendrait qu'à moi si le Seigneur un jour La voulait enlever à mon fidèle amour.

PÉPIN

Qu'ainsi soit! Ces prélats , ce peuple qui t'éeoute , De voire engagement se souviendront sans doute ; Mais à tes descendants , s'il fallait l'attester. De cet acte , après nous , quel témoin doit rester ?

EPTADIUS , présentant un enfant de douze ans. Né dans notre cité, cet enfant se dévoue.

PÉPIN

Qu'un esclave trois fois le frappe sur la joue ,

Afin que cet enfant , dans le temps à venir ,

De cet événement garde un long souvenir,

La mémoire est fidèle aux choses du jeune âge !

Il pourra, s'il le faut, rendre un jour témoignage.

( On emmène l'enfant ; Eptadius et sa femme se mêlent à la foule. )

( A Gislemar. )

Maintenant , Gislemar , dis aux Francs que le roi

Attend , avec leurs dons , l'hommage de leur foi.

( Sur un signe de Gislemar, Gaulois et Francs s'avancent portant , les uns des gerbes , d'autres des paniers pleins de fruits , d'autres des tuniques, de riches coffres, des vases d'or, des tissus d'un travail précieux, etc., etc. Ils s'agenouillent sur les marches du tnjne de Childebert, déposent leurs offrandes, et passent. )

DErxiÈME GAULOIS, qui a parlé dans la première scène et qui marche à la tëtc de ceux qui portent des gerbes et des fruits.

De nos riches moissons agréez les prémices ,

Roi des Francs I

GISLEMAR , montrant des Gaulois ([ui ne portent rien.

Vingt taureaux et cimiuante génisses

Par CCS hoiuiiics du Nord sont offerts, et demain

LE KOI FAINÉANT. — ACTt: 111.

De vos maisons des champs ils prendront le chemin

( Il infli(iuc ceux qui portent des luni(|ucs , des vases , etc. ) Daignez avec bonté recevoir ces timiques, Ces coffres remplis d'or , ces tissus magnifiques , Ces vases précieux.

PREMlEll GAULOIS , qui a parlé dans la première scène. , De ma main , seigneur roi , | Accepte cette épée et ce casque .

CIlIIiDEBERT , qui a salué , sans quitter son trône, tous ceux I qui ont passé devant lui , se lève avec impétuosité. |

Ali! c'est toi I

Qui nf iionores le mieux ! Donne ce casque , donne ! C'est pour un front de roi la plus belle couronne. ( Il place le cas(|ue sur sa tête. ) PÉPIN, à Gislemar , à demi-voix.

Le nom de ce Gaulois ?

GISLEMAR , bas à Pépin.

Leudemont, de Paris.

PÉPIN

De son présent bientôt tu lui paieras le prix , Gislemar; tu comprends?

GISLEMAR.

Oui , seigneur duc !

( On entend des fanfares dans la coulisse. )

Qu'entends-je ?

PÉPIN

Le signal des festins.

CHILDEBERT

Ah ! marchons.

(Il descend du trône, tout le monde se lève et se dispose à raccompagner. ) GISLEMAR , faisant signe aux soldats d'écarter la foule.

Qu'on se range !

l'ÉlMN.

Du banquet solennel ordonné par mes soins Les Gaulois et les Francs bientôt seront témoins.

CHILDEBERT

Allons !

PÉPIN , à Gislemar, à demi-voix.

Ecoute ! il faut qu'à mon royal convive On prodigue les vins.

GISLEMAR, bas à Pépin.

Je comprends.

CHILDEBERT

Qu'on me suive !

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CHLOJ.>SiiN DE , qui sest montrée de temps en temps parmi les esclaves durant les scènes précédentes ; Soldats germains, Foule de Gaulois.

CIILODSINDE, » part.

G mon Dieu , mets la force en son cœur chancelant !

PREMIER SOLDAT GERMAIN, aux autres.

A quoi lui servira ce glaive étincelant

Qu'il semblait admirer , et dont le poids l'accable?

DEUXIÈME SOLDAT

A dépecer les daims qui chargeront sa table. CIILODSINDE , aux Gaulois (pii lentourent d'un coté du théâtre

pendant que les soldats sont de l'autre. Si l'héritier des rois iiuplorait votre appui , Que feriez-vous?

PREMIER GAULOIS

Nos cœurs et nos bras sont à lui !

DEUXIÈME GAULOIS

Il est temps que ce soit enfin le roi qui règne !

CIILODSINDE.

Eh bien ! venez demain l'entourer dans Compiègne.

PREMIER GAULOIS

Wous y serons .

CIILODSINDE.

Gaulois , l'aiglon prend son essor.

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