SCÈNE VI. I
TRELAWNEY , seul. j
C'est lady Byron !... tout l'annonce!... Elle est à | Venise!... mystérieusement'... Qui l'eût jamais pensé?... Elle l'aime donc encore?... Mais pourquoi ne pas répondre à ses lettres?... Ah! pourquoi?... Expliquera qui pourra le cceur d'une femme !.. . Elle est ici , voilà l'imporiant ; il faut qu'elle pardonne. Qu'il la retrouve , puisqu'il a imaginé que son bonheur est là !... Ah ! mou Dieu ! j'y songe !... il y a huit jours, sur la terrasse... c'était elle !... Et il m'envoyait faire la cour à sa femme!... Si j'avais réussi pourtant!... Allons, allons, il n'est pas arrivé de malheur ; tout est pour le mieux !... Qui! la revoie, et se raccommode, puisqu'il veut encore tàter du mariage!... il est donc bien dégoûté de l'amour !.. . A propos d'amour, et Guitta !... La pauvre fille!... Je n'y ai pas pensé !... Me servir d'elle pour amener une réconciliation (pii certes ne l'amusera guère!... Oh! c'est un tour pendable !... ^la foi , je n'ai pas le choix des moyens'... Et si elle allait prendre cela an sérieux!... Maudit pays ! où l'on ne peut faire le bien de l'un sans faire le mal de l'autre , où tous les intérêts se choquent et se froissent !... Au diable la vieille Europe !... Qui me rendra l'Asie ?... cette existence d'Orient , si douce et si paresseuse !... les plaisirs du harem après les joies du combat ; l'amour sans jalousie et sans inquiét\ide ; la guerre sans traités et sans protocoles!... Corsaire dans les mers de l'Inde!... le bonheur n'est que là !... Ici , rien !... A peine le plaisir de fumer sa pipe!... Mais je suis seul! donnonsnous ce petit délassement en attendant le retour de Byron : cela endormira mes soucis.
(Il prend sa pipe.)