SCÈNE XII
TRELAWNEY , BYRON , le Comte OROBONI , LA COMTESSE, SENNEVILLE.
LE COMTE
Quelle est donc celte foule qui s'éloigne ? BYROX , souriant.
Des compatriotes qui venaient me voir comme une béte curieuse , et à qui j'en ai donné pour leurs guiuées.
LA COMTESSE
Ah ! mon cher comte, je vous regrettais ici !... que ne l'avez-vous entendu ! . . .
Des soins importants me retenaient. (BasàByron.) Ce bal sert à cacher nos desseins. (Haut, à la comtesse. ) Déjà un grand nombre de personnes sont arrivées, comtesse ; la société vous réclame , et les danses vont commencer.
LA COMTESSE
Tous avez raison!... mais que n'oublierait-on pas près de lui?... Allons, je veux qu'il soit longtemps parlé de cette fête dans Venise!... venez avec moi , monsieur de Senneville.
(Des masques, des dominos, des convives parés passent dans
le fond ; la comtesse va à leur rencontre et les salue. )
LE COMTE , sur le devant , bas à Byron.
J'ai pu réunir ainsi, cachés sous ces masques et sous ces habits de bal , tous les vrais enfants de l'Italie ; ils trompent la défiance de nos oppresseurs. Ici , dans cette salle écartée , ils se trouveront tous.
BYRON
J'y serai.
LE COMTE
Le temps , l'heure , les moyens d'exécution , nous conviendrons de tout!... Demain l'Italie sera libre.
BYRON
Plaise au ciel !
TRELAWNEY , à part.
Je ne trouverai pas un moment pour lui parler ?
LE COMTE
Voyez!... le nombre augmente à chaque instant. Voilà ce que notre pays renferme de plus généreux et de plus grand ! . . . celui-ci est le noble Montanari ; celui-là , le chantre de Francesca di Rimini.
BYRON
Silvio Pellico !
LE COMTE
Son ami Maroncelli , Menotti, Borelli, Villa!... Puisse l'avenir réaliser tout ce que promettent de tels noms ! . . .
TRELAWNEY, à part.
Et Quitta qui va peut-être amener sa femme ici !.. . Est-ce qu'il ne s'en ira pas ?
LA COMTESSE, venant vers eux.
Que faites-vous là, messieurs? venez, je vous prie; en vous voyant ainsi à l'écart , on vous prendrait pour des conspirateurs , et c'est dangereux ici !.. .
LE COMTE
C'est juste, pardonnez-nous!... Allons chercher notre part des plaisirs du bal. Vous venez , mylord ?
BYRON
Je vous suis.
TRELAWNEY, bas.
Restez !
BYRON
Viens avec nous.
TRELAWNEY, bas.
Il faut que je vous parle.
Qu'y a-t-il donc ?... Veuillez m'excuser : un mot à dire à mon ami Trelawney.
LE COMTE
Nous vous attendons.
( Il sort par la galerie avec la comtesse, Senneville , et les autres Italiens masqués et non masqués. )
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