‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 352 sur 560 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

TRELAWNEY , BYRON , le COMTE , la COM- TESSE , M. DE SENNEVILLE , GUITTA , Conjurés, Soldats AUTRICHIENS.

LA COMTESSE , allant vers son mari.

Ils disaient que tu allais être libre ! ... les misérables m'ont trompée ! . . .

LE COMTE

Ils ont craint tes démarches et tes prières.

LA COMTESSE

Ils disaient qu'il n'y avait pas de preuves !

LE COMTE

Ne suffit-il pas qu'il y ait un soupçon ?

LA COMTESSE

Malheureux!...

Gloire ! . . . liberté ! . . . patrie ! . . . il ne me reste rien !

LA COMTESSE

Une femme qui t'aime , Oroboni, qui te suivra, et qui adoucira ta noble captivité.

BYRON

Et l'avenir qui vous vengera !...

LE COMTE

Adieu , Byron !... je vais trouver la mort dans les prisons du Spielberg !...

BYRON

Adieu, Oroboni !... je vais chercher la mort pour la délivrance de la Grèce !...

DRAME KN TROIS AGTKS, KN PROSE,

MELE DE COLPLETS.

REPRÉSENTÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS SUR LE THÉÂTRE DU VAUnEVILLE, LE 20 MAI 1831,

Ta

AVANT-PROPOS

Le drame qui suit, reçu au Théâtre-Français en novembre 1830, allait entrer en répétition, lorsque mademoiselle Mars et mademoiselle Leverd s'éloignèrent de la scène, l'une pour une année seulement , grâce à Dieu , et l'autre pour toujours. Je me trouvai donc privé tout à coup de mes deux plus brillants interprètes. M. Harel dirigeait alors rOdéon; il me demanda Léontine , je la lui donnai. La pièce iut apprise et répétée à ce théâtre ; mais des discussions survenues entre ce directeur et moi me décidèrent à faire repasser les ponts à Léontine , qui s'arrêta dans la rue de Chartres pour n'en plus sortir. Madame Albert venait de débuter avec un éclatant succès sur le théâtre du Vaudeville ; son jeu pathétique et passionné, la puissance de son regard et de sa voix, l'énergique expression de sa pantomime, tout m'indiquait l'actrice créée pour mou personnage; et plus de cent représentations de ce drame, qui, depuis 1831, est constamment resté au répertoire, me prouvèrent que je ne m'étais pas trompé.

L'histoire des deux pièces que le lecteur trouvera après celle-ci [le Favori et l'Escroc du grand monde) est, à peu de chose près , celle de Zéfon^me. Ces ouvrages , destinés aussi à la Comédie-Française, y auraient été représentés, si

les engagements que j'avais pris a cette époque avec l'administration du Vaudeville ne m'avaient contraint de les livrer à ce théâtre. C'est donc seulement à cause de leur destination primitive que je leur donne place aujourd'hui dans ce recueil , qui ne devait contenir que mon répertoire des théâtres royaux; et, bien qu'il m'eût été facile de rendre à ces pièces la physionomie qu'elles avaient d'abord , j'ai cru devoir leur laisser la forme sous laquelle l'indulgence du public les a si souvent applaudies.

Ainsi voilà trois drames, composés pour le Théâtre-Français , qui , grâce à quelques morceaux de chant semés çâ et là , ont été joués sur une scène secondaire. Ont-ils , pour cela , mérité de descendre dans l'estime du lecteur? Je ne le pense pas. Il me semble que , pour tout homme sensé, le cadre est peu de chose, le tableau est tout. Si les circonstances ont poussé hors de leur voie naturelle quelques-unes de mes compositions dramatiques, qu'importe le lieu où elles ont été représentées? Depuis quelques années le public s est aperçu, je crois, que, s'il n'est pas rare de trouver des vaudevilles à la Comédie- Française, il ne serait pas impossible de rencontrer des comédies sur les théâtres de vaudevilles.

PERSONNAGES

Le Comte DARCY.

M. DE BELFONDS.

ANDRÉ, jardinier chez madame de Ccroni.

Là Mabqcise de CEROISI.

LEOÎSTINE.

MARIETTE , femme de chambre de madame de Ce-

roni.

Amis, etc.

La scène se:passe à Paris dans l'hôtel de madame de Ceroni.

Page 1