SCÈNE IL
CLOVIS, ÉBROIN.
ÉBROÏN.
Eh bien , à mes désirs votre audace rebelle
Me va-t-elle forcer d'armer mon bras contre elle ?
De vos deslins obscurs , de mes projets instruit,
Voulez-vous de mes soins perdre à jamais le fruit ?
J'ai dicté votre arrêt , il est irrévocable :
C'est à vous de choisir : Prince, ou soldat coupable ;
Songez-y , votre sort dépend de cet instant ,
La couronne est à vous ;... l'échafaud vous attend ,
Prononcez.
CLOVIS
Je suis prêt. Et voici ma réponse A l'insolent arrêt que votre orgueil m'annonce : Sujet par ma naissance , et roi par vos forfaits , D'un pouvoir usurpé je porterai le faix. Je régnerai !
ÉBROi.N.
Sans doute à mes leçons docile, Repoussant les conseils d'une vertu stérile, Clovis se souviendra qu'en attacpiant mes droits Il peut en criminel tomber du rang des rois. VieiUi dans les travaux , ma longue expérience Défendra des écueils sa jeune imprévoyance, Tandis qu'en son palais l'amour et les plaisirs Charmeront à l'envi ses superbes loisirs , Du peuple par mes soins il recevra l'hommage , Et je lui laisse encore un assez bean partage.
CLOVIS
Je dois vous rendre grâce, et je me plais à voir De quel zèle Ébroïn me trace mon devoir ; Ce ministre éprouvé dont la bonté m'éclaire De ce nouveau bienfait obtiendra le salaire.
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>M.M c*M OC-CC-c*Mye«-M M-©« ««-«.(-»,,
SCÈxNE IIJ.
ÉBROIN seul.
Il me trompe ; ses yeux démentent ses discours. Espère-t-il me perdre ? et par de vains détours Pense-t-il égarer ma prudence endormie ? Malheureux ! un seul mot te voue à l'infamie. Faut-il le prononcer ? voyons ! Entre deux rois Ma politique hésite et je dois faire un choix : Que résoudre ? Thierry vaincu par la vieillesse , Dont moi-même autrefois j'éprouvai la faiblesse ,' Sera dans ses revers trop heureux d'accepter Le sceptre que ma main viendra lui présenter; Un vieillard à mes vœux se montrera facile : L'infortune d'ailleurs l'aura rendu docile !... Clovis est jeune , ardent , il cherche à me tromper ; Au joug où je l'enchaîne il brûle d'écbapper. Je ne puis en tous lieux porter ma surveillance : D'audacieux vassaux séduits par sa vaillance Peuvent, malgré mes soins Jui prêior l.>urs secours. Il me faudra le craindre et l'cpier toujours. Ne nous abusons point ; jamais sous ma tutelle Je ne verrai fléchir son orgueil infidèle
LE MAIRE DU PALAIS. — ACTE III
Jamais!... Disparais donc , simulacre de roi , La main qui te soutient se retire de toi.
ÉBROIN, GÉROLD.
GÉROLD
Seigneur, près du palais, sous ces portiques sombres , Dont ses pas fugitifs couraient chercher les ombres , On a saisi, dit-on, un vieillard inconnu. Si c'était...
ÉBROÏN.
Oui , Gérold , voici l'instant venu.
Qu'on l'amène.
GÉROLD
A vos yeux il va bientôt paraître.] Le voici.
ÉBROÏN.
Sors.