L INSPIREE
Ton fils!
Qui le l'a dit ?
l'inspirée.
Mon Dieu !
PHILIPPE
Qu'entends-je ? Porte ailleurs ta fatale démence ; Mon fils vivra !
l'inspirée.
Pour lui l'éternité commence !
PHILIPPE
Mon fils ! . .. Pour le punir , est-il donc criminel ? Qu'a-t-il fait? Laisse-nous ! Va , mon cœur paternel De ce présage affreux repousse Tiuiposture : Vois mon fils préludant à sa grandeur future ; Ce jour confie un sceptre à sa jeune valeur; Il vivra pour régner !
l'inspirée.
Regarde sa pâleur !
A ces mots , vers son fils, (pii pâlit et chancelle , Le roi s'élance , en proie à sa douleur morUUe ; Au prince infortuné prodiguant ses secours , Marie , au prix des siens , veut racheter ses jours : Louis, d'un œil éteint semble chercher son père ; On le presse, on l'entoure, on frémit, on espère; Mais celle dont la voix a prédit son trépas, luunobile, à leurs soins ne se réunit pas , Et murnuire, au milieu des femmes éplorées, De l'hymne des mourants les paroles sacrées.
Une morne terreur se peuit dans tous les yeux : Les courtisans debout pleurent silencieux :
lo4
MARIE DE BRABANT. — CHANT III
Partout s'étend bientôt la nouvelle sinistre;
Plus dédiants' Plusdejeux!..Derorgueilleux ministre,
A côlé du mourant, on entend les sanglots;
Il parle de vengeance et d'horribles complots;
Mais, démentant les pleurs où l'imposteur se noie.
Un sourire homicide a dénoncé sa joie ! Telle, au front de lEtna , perçant l'obscurité , Brille , dans la nuit sombre , une errante clarté Dont l'aspect menaçant , aux campagnes prochaines Révèle du volcan les fureurs souterraines.