‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 488 sur 560 · CHANT CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHANT CINQUIÈME

L'éclair ne brille plus dans les cieux embrasés ,

La foudre enfin se tait , et des vents apaisés

Qui tourmentent encor le feuillage du chêne,

La fureur vient mourir dans la forêt prochaine :

Cherchant de ses jardins l'abri mystérieux ,

Durant la nuit Philippe erre seul en ces lieux

Où , près de cette reine et si jeune et si belle ,

Loin du faste importun qu'il fuyait avec elle ,

Aux pénibles travaux, à la pompe des cours

Naguère il dérobait quekpies-uns de ses jours ;

Il la trouve partout ! Sous leiir épais feuillage

Les arbres , les bosquets ont gardé son image ;

II a cru respirer , dans un air embaumé,

De son haleine encor le soufUe parfumé ,

Et l'écho des jardins à son âme attendrie

Semble apporter les sons de celte voix chérie !

Malheureux ! Et peut-être à la main des bourreaux...

Mais que fait-il?... Ses yeux , à travers des vitraux ,

D'une lampe qui veille ont aperçu la llamme :

Il s'avance , il croit voir. .. C'est l'ombre d'une femme !

Elle passe , revient, et son regard la suit.

C'est elle ! ... Elle est captive et le sommeil la fuit !

Il veut la voir ! L'amour dans son âme l'emporte ;

Il part... Yœux superflus ! Debout devant la porte

Le spectre de son fils , une coupe à la main ,

De ce fatal séjour lui ferme le chemin!

Osera-t-il braver cette chère viclime?

Son faible cœur encor cherche à douter du crime ;

Mais, hélas ! le peut-il ? Rassemblés à sa voix

Les juges vont bientôt interroger les lois ;

n voudrait vainement écouter l'indulgence :

Tout un peuple irrité lui demande vengeance ;

Les discours de Luxeuil , ses soins insidieux

Des preuves du forfait ont fatigué ses yeux :

On la dit criminelle, il frémit... mais il l'aime;

De cruauté parfois il s'accuse lui-même.

Faut-il que, s'imposant le plus affreux devoir ,

Son amour se condamne à ne la plus revoir?

Non, non ! De ses transports Philippe n'est plus maître ;

On soupçonne Marie?... On s'est trompé peut-être !

Qu'il soit seul avec elle , et son regard perçant

Lira la vérité sur son front pâlissant ;

Il le croit , et son cœur, que le chagrin dévore ,

A besoin d'espérer et de douter encore.

Ainsi de son vaisseau , que la foudre a frappé ,

Quand le nocher tremblant, au trépas échappé ,

S'élance dans les flots et lutte sur l'abîme

Qui semble en mugissant réclamer sa victime ,

Si son œil voit au loin flotter un mât brisé,

Ranimant tout à coup son courage épuisé ,

Il dispute sa vie à l'horrible tourmente ,

Sa défaillante main bat la vague écumante ,

Et ses doigts convulsifs , par un dernier effort ,

S'attachent au débris qui retarde sa mort.

Tel Philippe , accablé du poids de sa souffrance ,

Au milieu des douleurs s'attache à l'espérance.

C'en est fait : trop longtemps ils furent séparés ! Déjà ses pas furtifs ont franchi les degrés; Il approche , il s'arrête, et d'une voix plaintive Les sons viennent frapper son oreille attentive. Par l'amour entraîné, de crainte palpitant, Il écoute... Grand Dieu! c'est son nom qu'il entend! Il cède enfin, il entre .. Aux pleurs abandonnée, Seule, devant la croix Marie est prosternée; Elle le voit, chancelle, et, cherchant un appui, Vient tomber dans ses bras en s'écrlant : c'est lui !

MARIE DE BRADANT. -CHyVNT V.

PIIIMPI'E.

Oui, c'est moi , qui fuyant une loi trop cruelle , Séparé d'une épouse et plus malheureux qu'elle, De cris accusateurs , de cliajjrins obsédé , Ai voulu te revoir !

MARIE

Vous avez bien tardé !

PHILIPPE

Comment d'un peuple entier braver la voix sévère ?

Je suis époux encur... mais hélas! j'étais père !

Puis-je étouffer les cris , puis-je affronter les lois

De celte opinion qui règne sur les rois?

Des l'rançais consternés la fureur unanime

Au tribunal des grands a dénoncé ton crime ;

Tout ici le proclame et sert à le prouver;

Eh bien! je donnerais mes jours pour te sauver!

Je devrais te haïr!... Dans mon âme incertaine,

Marie, auprès de toi je cherciie en vain la haine ;

Mon cœur de tes attraits, de tes vertus charmé,

A le croire innocente est trop accoutumé ,

Et si c'est une erreur qu'il faut que je déplore ,

Je ne puis consentir à l'abjurer encore !

Je me jelte à tes pieds ! Parle , ouvre-moi ton cœur !

Contre toi de nos lois va s'armer la rigueur;

En butte à leur courroux , de soupçons poursuivie ,

A tes accusateurs qu'opposes-tu ?

WARIE.

Ma vie!

Oui , c'est elle , ô mon roi ! que j'invoque aujourd'hui , Et contre l'échafaud c'est mon plus sur appui : Faut-il que devant vous j'en retrace l'hisloire ? Epouse, ce beau nom fut ma joie et ma gloire! Reine , de ce pouvoir , qui s'offrait à mes vœux , Je n'ai pris que le droit de faire des heureux ; Mère , au front de mon lils , que réclame la France , De mon bonheur futur je lisais l'espérance , Je relevais pour vous, et de tous mes discours Son père et son pays embellissaient le cours; A les chérir tous deux je formais son enfance!... Sire, telle est ma vie !,.. Et voilà ma défense !

PHILIPPE

Hélas! Si ton époux devait seul te juger...

Mais j'ai mon peuple ensemble et mon (ils à venger ;

De leur voix dans mou cœur j'culcnds l'affreux murmure

Me crier : ton amour outrage la nature !

Que répondre , Marie ? et toi , que diras-tu?...

L'ambition peut-être égara ta vertu ;

La haine de mon (ils dut appeler la tienne :

J'implore ton aveu ! Que ma douleur l'obtienne !

N'attends pas qu'aujourd'hui le tribunal des pairs Te déclare coupable aux yeux de l'irnivers : Que servirait l'éclat de tes vertus passées? Les preuves du forfait, sur ton front amassées, De leur poids (1 trissaut le viendront accabler; Je les connais , Marie ! Elles me font trembler ! Oh ! parle, à mon amour un remords peut suffire : Tu ne me réponds pas?

3IAR1E.

Je n'ai plus rien à dire !

Je l'avoùrai, Philippe, au fond de ma prison. Succombant sous le poids d'un horrible soupçon, Sans appui, sans repos , de mes larmes baignée, Mon âme à son destin quelquefois résignée, A l'erreur de ce peuple , à son lâche courroux , Opposait en secret le cœur de mon époux : Je me disais souvent: la trompeuse apparence, Le trépas de son fils , les fureurs de la France Lui peuvent ordonner de me livrer aux lois; Mais il est des témoins dont il entend la voix. Des témoins qui sur lui ne sont pas sans puissance : Mon amour, son bonheur, et vingt ans d'innocence ! Tel était mon espoir!... Le rêve est dissipé ! Ainsi qu'un peuple ingrat quand Philip[)e est trompé , Je ne lui dirai point qu'une haine jalouse De complots odieux assiégeant son épouse, De me perdre à jamais a pu nourrir l'espoir; Que sur le cœur du roi mon innocent pouvoir Au sein de cette cour put irriter l'envie : Non , Sire ! Devant vous , qui connaissez ma vie , J'avais cru jusqu'alors ne pns avoir besoin D'un autre défenseur et d'un autre témoin ! Mais près d'un tribunal il faudra me défendre? Eh bien ! j'y paraîtrai ! ."Vies juges \ont m'entendre! Le Très- Haut me prêtant son immortel secours, D'une force invincible armera mes discours ; Ma voix retentira clans la France abusée; Que dis-je ? En ce moment peut-être l'accusée , D'un masque révéré di pouillant l'imposteur, Fera sous ses regards pâlir l'accusateur.'

PHILIPPE

Qu'entends-je? Quoi! Marie, une haine cachée, A tes jours vertueux en silence atlaclue , Sur le bord d'un abîme aurait conduit tes pas? Malheureuse! Et pourquoi ne l'accusais-tu pas? Quand la Justice dort, souvent un mot l'éveille.

MARIE

A mes cris douloureux a ton prêté l'oreille? Votre peuple, oubliant ma vie et mes bienfaits,

MARIE DE BRABANT.- CHANT V

N'a-t-U pas crû d'abord au plus noir des forfaits? Et, tout à vos soupçons , n'avez- vous pas vous-même Invoqué de vos pairs la justice suprême ? J'en conviens, quand mes yeux se sont tournés vers vous. J'ai pensé qu'écoutant des sentiments plus doux, Votre cœur détrompé m'offrirait un refuge; J'attendais un époux!... Je n'ai trouvé qu'un juge ! Allez donc sur mon sort faire parler la loi , Sire , et puissiez-vous être aussi calme que moi !

PHILIPPE

Oui, tout au tribunal me prescrit de me rendre ;

Oui, j'y serai, Marie ! et c'est pour te défendre!

Qu'ai-je dit? malheureux ! Je passe tour à tour De l'espoir aux soupçons , de la haine à l'amour ; Je crains la vérité, je la fuis et l'implore; Je te cherche , et ce cœur , où tu règnes encore , De sentiments divers sans cesse combattu , Ne peut, en te voyant, croire qu'à la vertu ! Rassure-toi!... Grand Dieu ! qu'ai-je entendu! Je tremble! Autour de ce palais le peuple se rassemble , Et, pousant jusqu'au ciel des cris audacieux , D'un geste menaçant il indique ces lieux ; Écoutons !

Il disait : la foule réunie , Organe de la haine et de la calomnie , De moments en moments grossit sous les remparts ; De sinistres rumeurs courent de toutes parts , Tous les cœurs, tous les vœux semblent d'intelligence ; On n'entend que ces mots : Elle mourra ! Vengeance ! Philippe, à cet aspect, tremblant, glacé d'horreur. Veut disputer Marie à leur lâche fureur ; Il s'élance... Soudain à ses yeux s'est montrée Cette femme, au Sina par Dieu même inspirée. Elle entre, le regarde, et , s'adressant à lui :

l'inspirée.

Sire , de la justice enfin le jour a lui : L'auguste tribunal s'assemble et vous appelle; Marie attend son sort , Dieu m'envoie auprès d'elle ! Peut-être voici l'heure où ses maux vont finir : Ce Dieu , qui m'a souvent dévoilé l'avenir , La contemple, et, touché d'une longue souffrance, Au pied de son autel m'a parlé d'espérance ; Mes prières , mes pleurs le vont interroger ; Il peut la .secourir... Vous , allez la juger! Abandonnez voire âme à la bonté céleste,

Faites votre devoir , Dieu se charge du reste !

MARIE

Lui qui sonde les cœurs , il a lu dans le mien ; Il est mon seul espoir.

l'inspirée.

Il sera ton soutien !

PHILIPPE

O vous ! témoin fatal des tourments que j'éprouve , Vous, qu'en tous mes malheurs sans cesse je retrouve, Si ces lois, que mon bras ne saurait enchaîner , Egaraient leur vengeance et Fallaient condamner? Priez ! Que Dieu la sauve et qu'il la justifie ! A votre appui sacré mon amour la confie ! Et toi , dont le regard , de mes soupçons vainqueur , M'a rendu ma faiblesse et vient changer mon cœur , Le ciel peut-être encor nous garde un sort prospère ; Pardonne , chère épouse , à la douleur d'un père ; Il dut venger son fils , il dut armer la loi ; Mais sous l'arrêt sanglant il mourrait avant toi !

Le roi s'est éloigné : seule auprès de Marie , La sainte femme alors la console attendrie, Et de ses soins pieux entoure sa douleur.

l'inspirée.

Le Très-Haut, dont la voix m' annonçant ton malheur, M'ordonna de quitter l'asile solitaire Où je cachais mes jours oubliés de la terre , Dans mon cœur incertain ne daigne pas encor De sa flamme céleste épancher le trésor ; Mais il m'éclairera ! Son bras vengeur se lève ! Reine , rassure-toi I ton épreuve s'achève !

MARIE

Il peut seul ranimer mon courage abattu : Forte de ses bontés plus que de ma vertu , De l'espérance encor j'embrasse la chimère. Reine, je puis braver la mort!... Mais je suis mère! Je ne dois plus au ciel demander le bonheur ; Que pour mon fils du moins il me rende l'honneur ; Ou , s'il faut succomber , puisse une voix amie De ma mémoire un jour écarter l'infamie ; Que cet espoir me reste ! Et que mon fils n'ait pas A. rougir de mon nom en pleurant mon trépas !

l'inspirée.

Non, tu ne mourras point ! La haine en vain t'opprime ! J'irai fouiller les cœurs , j'y surprendrai le crime ;

MARIE DE BRADANT. — CHANT V

Mes accents inspirés trahiront son effroi... Courbe ton chaste front , Reine , et prie avec moi

Du fatal jugement l'heure est enfin venue ; Près des murs du château la foule s'est accrue ; Villageois, citadins, femmes, enfants, vieillards , A travers les vitraux plongent de longs regards ; Tous voudraient voir passer la reine infortunée Dans le fond de leurs cœurs d'avance condamnée ; Ils appellent déjà le jour de son trépas ; Et ce peuple , naguère accourant sur ses pas , Pour recevoir ses dons , pour admirer ses charmes , Avec la même ardeur vient épier ses larmes. On voyait s'agiter , courir au milieu d'eux , Des hommes au teint pâle , au visage hideux, Qui, de la populace achetant l'insolence. D'un protecteur caché trahissaient l'opulence : Dans les cours du château les uns se sont glissés , Aux colonnes ceux-ci s'attachent enlacés; Loin des tréteaux rompus qui sous leur poids s'écroulent, Avec des cris affreux d'autres tombent et roulent; Sur leurs corps gémissants on monte, et de la voir On perd , on ressaisit , on s'arrache l'espoir ; Enfin , heurtés, meurtris, et maudissant l'obstacle , Tous cherchentle malheur! . . C'estencore unspectacle!

Les grands sont assemblés : l'auguste tribunal En silence rangé n'attend plus qu'un signal. Dans la salle où des pairs la puissance réside. Aux jugements humains le Uédempteur préside : En un pieux ivoire il semble respirer , Plaindre le criminel , lui dire d'espérer; Et l'homme , qu'aux bourreaux la justice abandonne , Par Ihomme condamné , voit le Dieu qui pardoime.

Quelle pompe déroule aux regards éblouis Ce Conseil souverain qui doit venger Louis ! Là je vois resplendir la couronne ducale, La toque du baron , la mitre épiscopale , Les rayons du saphir courant sur les colliers , Les nobles écussons appendus aux piliers , L'hermine des manteaux , la robe d'hyacinthe , Et l'armure guerrière auprès de la croix sainte.

Non loin des douze pairs siège le fier Luxeuil ;

Son espoir régicide enfle encor son orgueil : Il couvre , en souriant , des regards de la haine, La coupe et le poison qui , trouvés chez la reine , Et , naguère , aux barons présentés par ses soins , D'un crime imaginaire infidèles témoins , Viennent, par leur aspect de ses fureurs complice, Du tribunal vengeur égarer la justice.

Philippe à tous les yeux dérobé , mais présent, Contemple avec effroi ce spectacle imposant; Un voile protecteur a caché sa souffrance; Il est époux , hélas !.. , Non , il est roi de France : Il est père , et son fils expira dans ses bras !

Enfin, comtes, guerriers, évêques, magistrats, Tous des lois de l'état nobles dépositaires , Du signe de la foi marquent leurs fronts austères : On se lève : Beaumont , haut et puissant seigneur, Qui de les présider a mérité l'honneur , Fait un geste ; bientôt Marie est appelée : Elle entre, ses regards parcourent l'assemblée, Puis tout à coup, brillants d'une sainte ferveur, Retrouvent l'espérance auprès du Dieu Sauveur.

Marie a dépouillé la royale parure.

Les rubis n'ornent plus sa blonde chevelure ; Autour de son front chaste et pur comme un beau lis, Un long voile de lin a déroulé ses plis ; Plus de riche collier , de manteau magnifique .' Jusqu'à ses pieds descend une blanche tunique ; Des joyaux, que naguère elle étalait encor, Elle n'a conservé que le simple anneau d'or , D'alliance et d'amour image symbolique , Et d'un bonheur passé précieuse relique.

Offrant un doux soutien à son adversité, La sainte l'accompagne et marche à son côté , Et semble, du Très-Haut imposant mandataire, Joindre un juge céleste aux juges de la terre.

Vers l'accusée alors Beaumont tourne les yeux.

BEAUMONT

Vous qu'un soupçon terrible amène dans ces lieux , Répondez ! Votre nom ?

MARIE

Je me nomuie Marie.

BEAUMOM.

Votre âge ?

MARIE DE BRAB

MARIE

J'ai vingt ans.

BEAUMONT

Quelle est votre patrie ?

MARIE

Le Brabant !

BEAUMONT

Vous savez quel trépas odieux Vous accuse ?

MARIE

On m'a lu l'écrit injurieux Qui , d'un meurtre exécrable accueillant la chimère , Peint Louis immolé par sa seconde mère.

BEAUMONT

S'il est vrai que l'erreur ait dicté le soupçon

Qui vous livre à nos lois et souille votre nom ,

La justice des pairs sera votre défense :

Mais, vous remémorant les jours de votre enfance ,

Que la vérité seule inspire vos discours ,

Et de vos premiers ans retracez-nous le cours ;

Dieu vous voit !

MARIE

L'innocent a-t-il d'autres refuges?

BEAUMONT

Dieu vous entend , Marie !

MARIE

Il jugera mes juges!

BEAUMONT

Parlez.

MARIE

Au beau pays, où j'ai reçu le jour, Un frère m'entourait de son pieux amour ; Il était tout pour moi!... Dans les murs de Maline, Près de lui s'écoula mon enfance orpheline : Je ne demandais point un sort plus glorieux ! Tout à coup des Français le roi victorieux , Des combats allumés sur nos tristes rivages Souhaita que l'hymen arrêtât les ravages ; Mon frère confia ma jeunesse à sa foi , Et la paix sur vos bords descendit avec moi î J'arrivai dans Vincenne heureuse , mais craintive. Et bientôt je chéris ma patrie adoptive. J'ai, sur ce trône auguste où Dieu m'a fait asseoir , Sollicité l'amour et non pas le pouvoir ; J'ai cru me dérober aux fureurs de l'envie, J'ai fait un peu de bien... Voilà toute ma vie !

BEAUMONT

On prétend que jadis vos regards indiscrets

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