‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 53 sur 560 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

BA.THILDE seule.

Quelle terreur m'assiège ? et quel affreux présage Dans mon cœur consterné vient glacer mon courage ! Je me flattais en vain que , lasse de punir, Ta bonté nous gardait un plus doux avenir, O mon Dieu ! sur moi se\ile épuise ta colère ! Viens couvrir mon époux de ton bras tutélaire ; Toi qui lis dans les cœurs , tu connais sa vertu. Par ses ressentiments mon père combattu Repousse sans pitié ma douleur qui limplore : Il ne veut pas me voir ! hélas ! j'entends encore Ces mots que son courroux m'a laissés pour adieu : (I J'ap[)elle sur ton front les vengeances de Dieu ; » De ton indigne époux le châtiment s'apprête , » Le glaive inexorable est levé sur sa tète ! » Il l'a dit !... Quel soupçon a passé dans mon cœur ? Ah ! peut-être Ébroïn égarant sa fureur Et changeant aujourd'hui de maître et de victime , Par un crime nouveau veut réparer son crime. S'il était vrai ?... comment prévenir le danger?... J'aperçois le barbare :... osons l'interroger ! Il vient... de ma terreur j'ai peine à me défendre.

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