‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 557 sur 560 · GC · texte numérisé non relu

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paysanne, nons ne pouvons ni rester, ni conduire nulle part celte jeune dame, puisque nous ne savons fjui elle est. » L'air noble et distingué d'iiinma n'a pas permis aux soupçons de trouver place h côte de la pitié.

« Nous ne pouvons l'abandonner, ma mère : il me vient une idée ; prenez ces corbeilles, vous pourrez les porter jusqu'au marclié, pendant que notre cliarrette emmènera cbez nous cette dame. Lue fois arrivées, je vous renverrai ces fleurs avec mon frère; ma petite sœur ira clierclier un médecin , et moi je soignerai la jolie malade. Je vous en prie , ma mère , ne me refusez pas ! n

La mère a consenti; elle fait approcbor la voiture, écarte les fleurs , fait une place pour Emma ; puis toutes deux réunissant leurs efforts, la soulèvent et rétendent au milieu des roses. La jeune paysanne alors dirige le cheval du côté du village, pendant que sa mère, chargée des deux corbeilles, continue sa route vers Paris.

L'air frais du malin et le mouvement de la voiture agitent mollement la chevelure d'Emnm, dont les boucles légères se mêlent aux fleurs qui l'environocnt; la souffrance empreinte sur sa figure décolorée n'a point enlevé à ce visage naïf les grâces enfantines qui rendent plus frappantes les traces profondesdeladouleur.Cesroses naissantes qui reposent près d'elles, et qu'à peine entr'ouvertcs on a détachées de leur tige, semblent partager son destin ;car le petit nombre de jours que la nature leur avait accordé pour parer la terre, a été encore abrégé par ja main des hommes , dont les passions sont plus destructives que la main cruelle du temps.

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