SCÈNE V
FIESQUE , HASSAN
FIESQUE
Qui , moi ? je trahirais un dévouement si tendre ! Non ! non ! C'est loi, Hassan! queviens-lu m'amioncer ? Mes soldats ?
FIESOUE. — ACTE II.
HASSAN
Au combat brûlent de s'clanccr,
FIESQUE
Ils sont ici?
HASSAN
J'ai su , jusques au monastère .
De leurs déguisements protéger le mystère : Tout est prêt.
FIESQUE
Mes vaisseaux ?
HASSAN
Sont dans le port .
FIESQUE
Ta voix, Sur mes desseins futurs , a trompé les Génois?
HASSAN
Le Maure à ce succès n'a pas borné son zèle :
Ma prudence a fait plus que vous n'attendiez d'elle.
FIESQUE
Comment ?
HASSAN
D'Octavio connaissez-vous le seing?
FIESQUE
Oui.
HASSAN , lui remettant un papier.
Regardez.
FIESQUE
Que vois-je !
HASSAN
A u poignard assassin , De douze sénateurs il dévouait la tête.
FIESQUE
O ciel !
HASSAN
Il veut leur mort, et sa haine l'achète.
FIESQUE
Quoi ! l'infâme a signé l'ordre de les frapper?
HASSAN
INul à ses coups sans moi ne pouvait échapper.
FIESQUE , parcourant le papier.
Douze noms glorieux qu'un peuple entier vénère!... Mais qui t'a pu livrer cet ordre sanguinaire ?
HASSAN
Voire or... J'ai vu le chef de ces infortunés Qu'à des périls constants vos lois ont condamnés , Et (pli , prêts au supplice et bravant les souffrances , Vendent un fer docile à toutes les vengeances. Avant que vos bienfaits me vinssent protéger.
Parmi ces malheureux on m'a vu me ranger. Je rencontre en ces murs le brave qui les guide : Étonné , je .soupçonne un complot homicide , Je lui parle , il se tait ; je fais briller de l'ur ; Je renlraine, il me suit, m'écoute, hésite encur; Mais enfin sa raison, par l'ivresse enchaînée, A mes sédurlions languit abandonnée.
Il .se renil , me remet la lisle des proscrits , Et de sa trahison il emporte le prix.
FIESQUE
Parle , d'un tel service exige le salaire.
HASSAN
J'aurai bientôt le seul qu'atlende ma c*»lère : Les larmes des Génois.
FIESQUE . à part.
Et j'ai besoin de lui !
HASSAN
Ce n'est pas tout encore ! Ecoutez : aujourd'hui J'ai su qu'Octavio , dans le fond de son âme , Nourrissant en secret une coupable llamme , De la jeune Fierla suivait partout les pas ; Qu'elle tremble !
Il est vrai , je ne l'ignorais pas.
Ce criminel amour dont l'ardeur le dévore , A mes vastes desseins pourra servir encore.
ASSAN
Il vient de se souiller d'un nouvel attentat.
FIESQUE
Qu'a-t-ilfait?
HASSAN
On prétend qu'au milieu du sénat .
Aux ordres insolents qu'avait dictés sa rage , Vos généreux amis refusaient leur suffrage, Et que, pour les contraindre , appelant ses soldats , Il les a menacés des fers ou du trépas. Le peuple, en apitrenant cette nouvelle offense , Partout des sénateurs embrasse la défense. On s'assemble , on murmure , on songe à les venger.
FIESQUE
L'imprudent! son'orgueil lui cache le danger , Tout marche vers le bul où mon audace asjjirc Lui-même à mon triouqthe Oclavio conspire. Mais qu'enlends-je ? des cris s'élèvent jusqu'aux cieux !
HASSAN . regardant par la fenélre.
Oui, le peuple en tumulte approche de ces lieux. Vers le palais ducal tournant des yeux farouches.
FIESQUE
Quel bruit?
FIESQUE. — ACTE 11
HASSAN
Le nom de Fiesqiie est dans toutes les bouches .
FIESQUE
IMitn noui? que veulent-ils? Cours , et que sans délais A cette populace on ouvre mon palais.