UN GÉNOIS
Nos malheurs sont au comble.
Hélas ! je les |»artage.
LE GÉNOIS
Du sénat et du peuple ignorez-vous Toutrage ? De nos droits méconnus les nobles défenseurs Ont osé résister aux vœux des oppresseurs , Us ont été bannis de l'enceinte sacrée ! Aux fureurs d'un tyran Gène entière est livrée !
FIESQUE
Oui , mais de ces transports , de ces cris furieux , Enchaînez à ma voix l'essor audacieux : Se peut-il? c'est à moi (pie s'adressent vos larmes? Croyez-vous donc (jue Fiesquè ignore les alarmes? Sous im pouvoir sans frein, comme vous incliné, Suis-jedonc moins esclave et moins inforluné? l'eul-êlreOctavio, (pie nul forfait n'arrête , Aux meurtriers demain aurali\réma tète.
LE GENOIS.
Nous vous défendrons tous ! c'est à lui de treral}ler.
FIESQUE
Ah ! du moins, puisse-t-il avant de m'immoler , Ne me pas enlever ma plus douce espérance ! Oui , si je peux encor, soulageant leur souffrance , A mes concitoyens prodiguer mes secours , Avec moins de regret j'abandonne mes jours !
LE GÉNOIS
Noble Fiesque !
FIESQUE , s'approchant de lui.
C'est vous qu'une aveugle furie YoiTA naguère à fuir les champs de la patrie !
LE GÉNOIS , étonné, Mes maux vous sont connus!
FIESQUE
Ils seront réparés.
( Il s'approche des Génois , et s'arrête auprès de chacun deux avec iutérèt et affection. ) Je sais , Lothario , quels affronts vous pleurez : Votre épouse future à vos bras enlevée , Votre chaumière en feu...
LE GÉNOIS
Vos soins l'ont relevée !
FIESQUE
N'en parlons plus!... Etvous,Fiorelli, Stéphano, Inforluné Bertram, Stella, Noldi, Sténo... On m'a dit les tourments dont vous fûtes victimes; D'Octavio partout je retrouve les crimes.
LE GÉNOIS
Amis , il sait nos noms !
FIESQUE
Mes yeux veillent sur vous. J
LE GÉNOIS
Généreux bienfaiteur. Gène est à tes genoux ; Vois son peuple adorant tes vertus , ton courage !
FIESQUE
Craignez Octavio, n'éveillez passa rage.
Nous n'avons plus de lois , et vous devez savoir Qu'après lui , Doria lui transmet son pouvoir , Votre sang et vos biens deviendront sa conquête. Et le bandeau ducal ceindra bientôt sa tète !
LE GÉNOIS
Non.
FIESQUE
Qui peut s'opposer aux vœux de son orgueil ? Si Gènes ranimée, et sortant d'un long deuil , l\encontrait un vengeur, à son pays fidèle, Qui fiit heurciLv de vaincre ou de périr pour elle ;
FIESOLE. —ACTE IJ
Sans doute par ses soins l'Elat serait sauvé ; Mais existe-l-il ?
LK GÉNOIS
Oui; le peuple l'a trouve !
Il est di}j;ne du trône, il sera notre maître ! Son nom...
FIESQUE
Fiesque, Génois , ne le veut point connaître ! Allez : d'Octavio le soupçonneux courroux Peut-être punirait mon dévouement pour vous ; Il n'accueille jamais rinfortuné qui pleure... Quand le soir aux plaisirs livrera ma demeure , Venez à votre ami raconter vos revers ,
A tous les malheureux mes trésors sont ouverts , Qu'ils accourent, mes soins adouciront leur peine.