‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 15 sur 632 · LE DUC, DE SAINT-CHARLES · texte numérisé non relu

LE DUC, DE SAINT-CHARLES

Le Duc.

Les menaces de cette femme m'ont épouvanté, ce réveil d'une maternité que je croyais éteinte, cette résistance audacieuse doit être appuyée sur quelques soudaines espérances ! avec les femmes la force est absurde, usons donc d'adresse. (Il sonne.) Sa charge lui permet de parler et ce que j'ai fait de son fils a besoin d'une sanction1. (Joseph entre.) Demandez à Madame de Montsorel si elle est visible pour moi ?

Un Laquais, annonçant.

Monsieur de Saint-Charles.

De Saint-Charles.

J'ai l'honneur de me rendre aux ordres de Monseigneur, heureux d'être à même de lui prouver mon zèle et mes sentiments pour la famille royale, pour notre sainte religion et...

Bien, mon cher, le ministre vous recommande comme le plus habile...

22 vautrin, i.

De Saint-Charles.

Ah ! Monseigneur...

Le Duc.

Vous serez richement récompensé.

De Saint-Charles.

Ah ! Monseigneur !...

Le Duc.

Je marie mon fils.

De Saint-Charles.

A Mademoiselle Inès de Christoval, princesse d'Arcos, nous le savons Monseigneur.

Le Duc.

La jeune princesse est éprise d'un aventurier.

De Saint-Charles.

Raoul de Frescas.

Le Duc.

Monsieur, je n'ai donc rien à vous apprendre.

De Saint-Charles.

Si Monseigneur désire que je ne sache rien, je vais me taire.

Le Duc.

Dites au contraire ce que vous savez, afin que je connaisse les secrets que vous nous permettez d'avoir !

Monseigneur, Monsieur Raoul de Frescas mène un train qui comporte cinquante à soixante mille livres de rentes, il se donne pour étranger, il va dans la société la plus élevée, et nous ne lui connaissons ni propriétés en France (peut-être a-t-il des châteaux en Espagne)2, ni banquiers à Paris, ni recommandations. Depuis

Page 1