SCÈNE DEUXIÈME
LE DUC, LE MARQUIS
Le Marquis7.
Mais j'aime Inès, mon père.
Le Duc.
Vous êtes appelé, mon fils, à représenter le Roi votre maître. Un ambassadeur n'a pas besoin d'aimer sa femme, votre mariage comme celui des rois est soumis à la raison d'État, mais je reconnais qu'il vous sera difficile de trouver mieux ; le Roi d'Espagne en bannissant à perpétuité le duc de Christoval, qui a eu le malheur de servir Joseph Bonaparte, a, par égard pour l'alliance projetée entre nos deux familles, réservé les titres et les biens de la maison de Christoval à l'époux de la princesse, nous n'attendons que le consentement du duc de Christoval ; la duchesse en vraie d'Arcos aime d'autant plus son mari qu'il est proscrit, les nouvelles se font attendre, le Mexique a proclamé son indépendance, le duc n'est peut-être pas étranger à cette révolution, il se venge, il a du sang maure dans les veines, on parle d'un empereur Iturbide Ier8. Le télégraphe annonce ce matin des vaisseaux arrivés à Bordeaux, peut-être amènent-ils le duc à qui le Roi permet d'habiter