‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 231 sur 632 · acte ii, scène · texte numérisé non relu

acte ii, scène

Paméla.

Que depuis huit ans que mon père et ma mère ont eu des malheurs, que ma mère ne m'avait pas plus quittée que son ombre, enfin elle avait des craintes, cette pauvre chère femme, faut lui pardonner, eh bien, depuis huit ans, sauf deux années d'apprentissage, je les soutiens par mon travail, il y en a qui laissent là père et mère, des grisettes qui... mais moi, je veux m'endormir avec l'idée que mon vieux père et ma mère ont toutes les douceurs qu'ils peuvent avoir eu égard à leur état. Mais Jules, ah ! Jules, je le suivrais... au bout du monde18... Vous m'avez dit de parler19 comme devant Dieu...

Duprè.

Eh bien, il n'y a que vous qui puissiez le sauver20.

Paméla.

Comment ?

Duprè.

Voilà pourquoi je vous demandais si vous n'aviez rien à vous reprocher.

Paméla.

Rien, je suis innocente comme le lendemain de mon baptême.

Duprè.

Eh bien, il faut vous avouer coupable à la face de la justice.

Paméla.

Et il est sauvé ?...

J'espère alors le sauver.

Paméla.

Ne me trompez pas, est-ce possible ?

Duprè.

Oui.

334 paméla giraud.

Paméla.

Eh bien il est sauvé.

Duprè.

Mais vous serez perdue.

Paméla.

Mais puisque c'est pour lui...

Duprè.

N'allez pas vous démentir. Votre honneur...

Paméla.

Les hommes attachent peu d'importance à l'honneur d'une grisette, n'est-ce pas ? Eh bien, tiens, vous et lui^ vous saurez la vérité...

Duprè, à part.

Je21 ne mourrai donc pas sans avoir vu de mes yeux une belle et noble vertu, franche, sans calcul, sans arrière-pensée, j'en suis tout ému22. Mais je l'éprouverai. (Haut) Combien voulez-vous pour le sacrifice que vous faites...

Paméla.

Mais, vous voulez donc alors que je sois une misérable ?...

Duprè.

Mon enfant, ne vous mettez pas en colère. Là, là, l'argent est l'argent, et après tout six23 bonnes mille livres de rentes pour un mensonge...

Vous en aurez à moins, mais moi24... je me respecte un peu trop pour faire commerce25.

Duprè.

Vous avez tort, vous auriez une honnête aisance pour le reste de vos jours...

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