‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 430 sur 632 · LOTHUNDIAZ, LE GRAND-INQUISITEUR, DON FRÉGOSE · texte numérisé non relu

LOTHUNDIAZ, LE GRAND-INQUISITEUR, DON FRÉGOSE

Don Frégose.

Je suis perdu, ruiné, déshonoré ! Aller tomber aux pieds du roi, je le trouverais impitoyable2.

Lothundiaz.

A quel prix ai-je acheté la noblesse3 ? Mon fils est mort en Flandre dans une embuscade4, et ma fille se meurt ; son mari, le gouverneur du Roussillon n'a pas voulu lui permettre d'assister au triomphe de ce démon de Fontanarès. Elle avait bien raison de me dire que je me repentirais de mon aveuglement volontaire5.

Le Grand-Inquisiteur, à Frégose.

Le Saint-Office a rappelé vos services au roi, vous irez comme vice-roi au Pérou, vous pourrez y rétablir votre fortune ; mais achevez votre ouvrage : écrasons l'inventeur pour étouffer cette funeste invention6.

Don Frégose.

Et, comment ? Ne dois-je pas obéir aux ordres du roi, du moins ostensiblement.

Le Grand-Inquisiteur.

Nous vous avons préparé les moyens d'obéir à la fois au Saint- Office et au roi. Vous n'avez qu'à m'obéir7. (A Lothundiaz.) Comte Lothundiaz, en qualité de premier magistrat municipal de Barcelone8, vous offrirez au nom de la ville une couronne9 d'or à don Ramon, l'auteur de la découverte dont le résultat assure à l'Espagne la domination de la mer.

Lothundiaz, étonné.

A don Ramon ?

Le Grand-Inquisiteur et Don Frégose.

A don Ramon.

Don Frégose.

Vous le complimenterez.

Lothundiaz.

Mais....

Le Grand-Inquisiteur.

Ainsi le veut le Saint-Office.

Lothundiaz, pliant le genou.

Pardon !

Don Frégose.

Qu'entendez-vous crier par le peuple ?

On crie : Vive don Ramon !

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