SENS
quelle fatalité, des combinaisons d'événements si naturelles et si prévues, et justifiées par des exemples si publics et si récents, n'ont-elles pas plus d'influence sur Fa conduite des hommes? Comment se fait-il que la noble ambilion de la plus belle gloire que les hommes puissent obtenir, celle de sauver son pays, ne s'empare pas de toutes les facultés des hommes que des circonstan:
ces singulières ont revêtus d’un grand pouce voir? Tel homme qui a disposé un moment de toutes les forces de la capitale, a pu mériter, à plus juste titre même que du Guesclin, l'épée de connétable, et il l’a sacrifiée à des théories creuses dont il ne prévoyait pas les conséquences; tel autre se laissera dé»
tourner de cette noble destination par de petits ressentiments et de petites passions, Mirabeau, après avoir conduit la monarchie au bord de l’abîime, eut sssez d’élévation dans le caractère, et de force dans l’esprit pour l'en vouloir retirer, mais il n'avait, Pour défendre sa cause et venger ses injures, Ni le cœur assez droit, ni les mains assez pures. Les philosophes nous répètent sans cesse, et certes avec raison, que la royauté n'était pas instituée pour les rois, mais pour les peuples. Si les rois l’abandonnaient, ce serait donc aux sujets à la défendre ; et lorsque dans une monarchie en révolution, on voit un sujet placé dans une de ces situations extraordinaires qui peuvent servir au salut de l'Etat, comme à sa ruine, on est toujours tenté de lui demander, comme les disciples de saint Jean (Matth. x1, 3) : Est-ce vous qui devez venir, ou devons-nous en attendre un autre?
LT