‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 142 sur 306 · SUR LES LOIS D'EXCEPTION · texte numérisé non relu

SUR LES LOIS D'EXCEPTION

En même temps que le chef de l'Etat témoigne des inquiétudes, il montre aussi de la sécurité, en multipliant les actes de sa clémence royale, clémence infinie, plus, j'ose le dire, que celle de Dieu même, puisqu’elle n'attend pas le repentir, ét que peutêtre elle l’attendrait en vain. Nous acceptons, de la part du roi, les motifs de sécurité comme nous avons partagé ses inquiétudes. »

Cependant, si nous attendons pour être tranquilles qu’il n’y ait plus de factions dans l'Etat, vraisemblablement nous attendrons longtemps. Dans tout gouvernement où deux pouvoirs existent dans une même constitution, il y aura toujours, et nécessairement, deux nations ou deux sociétés, sur le même territoire. Il y aura donc toujours des factions ; mais il ne doit pas y avoir des factieux, ni par conséquent d’inquiétudes réelles, dans tout Etat où il y a administration religieuse, judiciaire, civile et militaire, dont on sait se servir, et où les luis trouvent une facile exécution. Il n’en faut pas tant pour dissiper toutes les inquiétudes, et pour forcer à la tranquillité tous les esprits inquiets, et toutes les opinions inquiétantes, et il n'en fallait pas davantage, il ya trente ans, pour maintenir la tranquillité dans les deux mondes.

Le gouvernement a fait appel à la loyauté de la nation, pour lui fournir les moyens nécessaires de tous les services publics destinés à maintenir l’ordre et la tranquillité ; la nation y a répondu, et, à son tour, elle fait un appel à la probité du gouvernement, et même à son intérêt bien entendu, pour employer ces moyens de la manière la plus propre à dissiper toutes les inquiétudes, et à nous donner à tous la sécurité.

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