PART. IL POLITIQUE. — SUR UN ECRIT DE M. CAMILLE JORDAN
gothique et suranné, ne se proposent pas moins que de la réduire aux proportions Îes plus exiguës, jusqu’à ce que le progrès des lumières et l’esprit du siècle permettent de faire mieux.
Ainsi les uns sont placés nécessairement dans un système de défense, les autres dans un système d’agression qui, du moins à la
guerre, prend à la longue sur le système pu-
rement défensif un grand avantage.
Aussi, dans leurs journaux et leurs écrits, la passion des indépendants pour la Charte s'exprime avec bien plus de véhémence et d'énergie que l'affection vraie, mais plus calme, des constitutionnels ; ils veulent la Charte, toute la Charte, rien que la Charte, et s’offensent comme d’une injure personnelle de la moindre atteinte portée à ses dispositions, ou même des plus utiles lenteurs que la prudence prescrit de mettre à ses développements.
Cependant, dans ses préventions peu politiques, M. Camille Jordan, en s’élevant avec toute la force dont il est capable contre l’opposition aristocratique qu’il décompose jusque dans ses plus imperceptibles nuances, et qu’il voit à même où elle existe à l'insu de ceux chez qui il la suppose, traite avec beaucoup plus de ménagement l’opposition contraire ; il va jusqu’à reprocher à l’administration de juger les membres de cette opposition avec une extrême sévérité, lorsqu'ils n'entretiennent d’ailleurs contre le gouvernement de leur pays aucune intention véritablement hostile, et n’entendent que l’obliger à une observation plus rigoureuse de cette partie de nos institutions où ils ont plus spécialement placé leurs affections et leurs garanties.
Toutefois il y a cette différence entre ces deux oppositions extrêmes, que l’une, l’opposition aristocratique, dont M. Camille Jordan relève avec tant d’exagération et l’influence et les séductions, dont il dit que malgré tant d’injustes dépouillements qu'ont subis les hommes de ce parti, et malgré l’état de dénüment où ils se supposent tombés, ce sont eux encore qui possèdent en beaucoup de‘lieux les propriétés principales (comme s’il était permis de parler de propriétés devant la démocratie); que cette opposition, dis-je, tend sans cesse à s’affaiblir, et dans la chambre par les renouvellements successifs, et dans la nation par l'extinction rapide des familles peu nombreuses où on la sup= pose, et dans ces familles elles-mêmes où les
Au
enfants n’ont plus les mêmes souvenirs, ni
ne peuvent par conséquent avoir les mêmes opinions que leurs pères : au lieu que l? ve position démocratique tend sans cesse à s’accroître par le seul effet de laccroissement progressif de la population plébéienne, à s’accroître dans la nation et par conséquent dans les chambres ; et Dieu préserve la France, que, tandis qu’il y aura d’un côté une Opposition toujours croissante en nombre, et par conséquent en violence et en danger, il n’y ait pas du côté opposé même un peu d’exagération pour maintenir cet équilibre dans lequel la politique moderne a placé la stabilité des Etats.
L'explosion récente de l'esprit démidératique en Angleterre, et le redoublement d’audace et d’obstination dont nous avons vu les effets, ont pour secrète cause l'accroissement de la population plébéienne : un peuple nombreux ne peut souffrir que deux formes de gouvernement , et la démocratie en est une, au moins jusqu’à ce qu’une dure expérience J’ait désabusé de sa prétendue souveraineté.
Enfin si le danger venait de l’opposition démocratique, l'opposition contraire se joindrait certainement aux royalistes constitutionnels avec lesquels elle aura toujours dans la royauté un centre d'unité et d’union, et tout au plus il en coûterait quelque chose à Ja démocratie; au lieu que si l’on croyait avoir à redouter l'opposition aristocratique, l'opposition démocratique ne se Joindrait aux constitutionnels qu'aux dépens de la royauté et surtout de la légitimité.
M. Camille Jordan n’a vu l'opposition que dans les partis ; il fallait la considérer dans les personnes.
Il ya une opposition qu’on peut dire de caractère, et des esprits toujours disposés à contredire. I}ÿpeut s’en trouver dans tous les partis.
Il peut y avoir une opposition d'intérêt personnel, et tous les partis ont un droit égal à s’en accuser réciproquement. Car si les uns, comme on le veut, regrettant si vivement le privilége féodal d’avoir un banc seigneurial à l’église de leur village, ou de marcher les premiers à la procession, maudissent la révolution qui le leur a enlevé; d’autres, venus de loin aux places de préfet, de conseiller d'Etat, de ministre, se trouvent dans le meilleur des mondes possibles, bénissent un ordre de choses qui a mis en lumière leurs talents, et leur a danné honneur et
fortune. On peut être constitutionnel par ambition, comme on peut être aristocrate par intérêt.
Il y a une opposition de principes, et pour ce qui me concerne, puisque je veuxrevendiquer ma part des censures sévères de M.
Camille Jordan, je n’en ai jamais soutenu d’autres. Je ne suis pas opposant par caractère, moins encore par ambition, je ne la conçois même pas aujourd'hui. J’admire, sans l’envier, le courage de ceux qui se dévouent à faire aller une machine dont l’organisation est telle que les rouages doivent se contrarier dans leur mouvement. Je dis doivent se contrarier, et avec raison, puisqu’il est reconnu qu'une opposition est de l'essence du gouvernement représentatif, Mais une opposition habituelle au gouvernement est toujours un malheur ; et comme on n’a pu l'empêcher, et qu’on n’ose pas avouer la raison de sa nécessité, on a trouvé plus expédient d’en faire un système et un principe. C’est ainsi que dans quelques contrées d'Europe on a fini par faire un trait de beauté d’une difformité endémique, et que tous les individusapportenten naissant, etpar regarder comme disgraciés de la nature ceux qui en sont privés.
Au reste je soumets volontiers mes opinions et mon opposition au jugement de mes contemporains et de la postérité, au jugement des bons esprits plutôt que des beaux esprits, et, en avouant que j'ai souvent été battu, je demanderai si j’ai toujours été réfuté.
Cependant, pour finir sur ce triste chapitre, M. Camille Jordan, malgré la sévérité de ses jugements sur l'opposition royaliste, reconnaît que, lorsque des mesures présentées à la Chambre de 1817 ne se rappcrtèrent qu’à des besoins ordinaires et pressants, elles y furent adoptées avec autant d’empressement et de célérité que le gouvernement put le souhaiter : qu’elle a su méme supprimer jusqu'à l'ombre de la discussion dans de grandes et légitimes occurrences. Eh! dit-il, quelle assemblée nationale offrit jamais un spectacle plus imposant que celui dont les chambres ont frappé la France et l'Europe, lorsqu'on a vu le gouvernement lui demander un crédit de quarante millions de rentes, le plus étendu qui ait jamais été sollicité et demandé après tous les autres sacrifices, au nom de la délivrance commune; et ces mêmes
chambres, jusqu'alors si sévères dans l’exa-
men des moindres dépenses, au lieu d'ouvrir
une discussion qui, par l'amertume des souvenirs, pouvuit engendrer tant d'orages, se lever dans un silence si noble, si majestueux, un silence qui, plus éloquent que tous les discours, a dé révéler aux nations étrangères le prix que le Français attache à l'affranchissement de son territoire, et leur enlève tous les prétextes pour le contester encore, en leur portant le plus magnifique témoignage de l’intime union de ce peuple et de son roi?
Ce n’était pas en vérité trop la peine de tant crier contre les oppositions de ces classes, de les distinguer avec un soin si minutieux, de les flétrir par d’odieuses imputations, de les aigrir peut-être par l’amertume des censures, pour finir par reconnaître que toutes ces oppositions disparaissent, lorsque de grands et pressants intérêts leur commandent le silence, et que le salut de l'Etat et le service du roi exigent le sacrifice de leurs opinions. Ainsi M. Camille Jordan a donné la preuve la plus complète qu’il n’y avait dans cette opposition ni calomnies, ni humeur, ni haine, ni vues hostiles, contre le gouvernement, et que, dans son dissentiment, elle défendait ou croyait défendre des principes que ces mêmes intérêts de l’Etat et ceux dé la royauté ne permettent pas d'abandonner.
Et quand il plairait à quelqu’un de soutenir le système purement monarchique, pourrait-on, lorsqu'on ne veut flatter nilesroisni les peuples, ni s’enivrer de ses propres opinions, même en blâämant son imprudence, qualifier, comme le fait M. Camille Jordan, de doctrine absurde un système qui a pour lui, en France, tant de siècles et tant de gloire, avec lequel la France s'était élevée au premier rang des nations, je ne dis pas commerçantes, mais des nations fortes, savantes et polies, un système que Bossuet aurait défendu comme d’Aguesseau , Sully comme Colbert, Turenne comme Richelieu, et qui n’a été attaqué que par la politique de J.-J. Rousseau ou de Thomas Payne?
Je ne répondrai pas aux traits que M. Camille Jordan lance contre les hommes du parti qui ét l’objet de ses censures et de ses reproches. Je crois que toute la noblesse française porte iei la peine des torts que la noblesse de Bellecouri a eus envers M. Camille Jordan. Mais là où je vois les mêmes haines et les mêmes victimes, si je ne vois pas les mêmes persécuteurs, je vois le même esprit de persécution, et je me demande si Ja révolution est finie. Cependant je ne crains
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pas d'affirmer que, dans les écrits publiés par les hommes de ce parti, on n’en trouverait aucun où l’autre partie de la nation fût traitée avec si peu de ménagements ; et il n’est que trop aisé de voir que l’auteur répond par un écrit public à des propos de salon, qu’il eût été ‘plus sage d'ignorer. Au reste, M. Camille Jordan n’est pas de ceux qui s’offensent et s’indignent de toutes distinctions héréditaires. 1} accorde aux noms historiques, même hors d’une chambre des pairs, ce juste respect que la raison el la nature inspirent, à condition toutefois que ce respect ne finisse pas par remplir à la fois les uns d'un vain orgueil, les autres d’une inquiétude jalouse. Le beau rêve que celui qui fait voir le moment où il y aura entre des hommes réunis en société des distinctions sans orgueil dans quelques-uns, et,
sans jalousie dans quelques autres ! L 4
Un seul trait m'a frappé. C’est lorsque
l’auteur parle du parti qui a l'habitude d'al- [e
ler mendier au dehors la force qui lui man- . que au dedans, penchant à de parricides alliances avec l'étranger, devenu le trait qui, plus encore que ses doctrines absurdes et ses prétentions égoistes, l’a flétri aux yeux du peuple français du sceau d'une réprobation éternelle. Le trait est violent, mais ici l’auteur n'a pas connu la portée de son arme, et, faute dé la juger, il a tiré plus haut qu’il ne voulait. Cependant il nous révèle le venin de sa politique, et il paraît tout à fait de l'avis de J.-J, Rousseau : « Un peuple a toujours le droit de changer ses lois, même les meilleures ; car s’il veut se faire mal à luimême, qui est-ce qui a le droit de l’en empêcher ? » Toutefois la politique de Jean- Jacques est ici en défaut, parce qu’à cause de la constitution générale des peuples européens, un pays, un peuple puissant comme le peuple français, et dont les doctrines, les exemples, la force militaire, peuvent prendre sur ses voisins une grande influence, ne peut se faire mal à lui-même sans en faire aux autres. Ainsi M. Camille Jordan pense que si un homme, fermant sur lui la porte de son domicile, veut maltraiter sa femme et ses enfants, et mettre le feu à sa maison, les voisins doivent le laisser faire plutôt que d’enfoncer sa porte. Et cependant une famille est plus indépendante de toute autre famille qu'un peuple de tout autre peuple ; car les peuples ont entre eux des relations nécessaires, et les familles n'en oat entre elles que de volontaires. Une famille, sans
doute, est soumise aux lois de l'Etat; mais les peuples ne sont-ils pas soumis aux lois générales de la morale, de la politique, de la religion, et M. Camille Jordan va-t-il jusqu’au bout dans la politique de Rousseau ou de Jurieu, et croit-il aussi « que le peuple soit la seule autorité qui n’ait pas besoin d’avoir raison pour valider ses actes ? » Doctrine abjecte qui, ne considérant que le matériel de la société, ne voit d'indépendance que celle du territoire, et de dépendance que celle d’une force étrangère, et quine saitpas qu’un peuple en révolution, tel qu'a été trop longtemps le peuple français, livré à toutes les erreurs et à tous les désordres, eût-il conquis l'univers, serait le plus dépendant et le moins libre des peuples, et plus esclave cent fois que tous ceux qu'il aurait asser vis. |
- M. Camille Jordan a fait une excursion sur la religion, et refuse surtout au clergé une influence politique : il lui serait, je crois, assez difficile de donner à ces derniers mots un sens raisonnable. Car enfin le clergé,
comme clergé, influait-il sur la paix comme
sur la guerre, sur le commandement des armées, la discipline des tribunaux, la détermination des subsides, les négociations avec les puissances étrangères ? Et y a-t-il dans'un Etat d’autres choses politiques que celles-là ? L'auteur veut-il dire que le clergé avait des propriétés ? Les hôpitaux en avaient aussi, et on n’a jamais parlé de leur influence politique. Entend-il que la religion "ne doit pas influer sur les hommes publics et politiques, qu’elle doit ignorer quel culte ils professent, si même ils en professent aucun; ou bien qu’elle ne doit donner hors de ses temples aucun signe d'existence. Salariée par le gouvernement comme les employés aux droits réunis, doit-elle être à tout instant, pour la subsistance de ses ministres et les frais de son culte, sous la main du gouvernement et dans l’attribution spéciale d’un de ses bureaux, comme tous les objets qui sont en direction générale? Quoi qu’il en soit, M. Camille Jordan en est encore là, et n’a pas fait un pas hors du cercle étroit des préjugés philosophiques ou jansénistes. Il accuse cependant le clergé de laisser dépérir dans ses mains le bel héritage des antiques lumières de l'Eglise gallicane, comme si depuis trente ans il avait eu de puissants secours pour acquérir des lumiè-
res et cultiver les lettres ecclésiastiques; comme si dans cet espace de temps, soumis à tous les genres d'épreuves, il n’avait pas montré bien mieux que des lumières, la résignation dans les souffrances, et le courage contre la persécution. L’auteur l’accuse encore de suivre des directions ultramontaines ; comme si la politique, à commencer de l'assemblée constituante, n'avait pas été plus ultramontaine que la religion; comme si elle n'avait provoqué, sans Île clergé et malgré lui, la plus grande extension et la plus inusitée du pouvoir du Saint- Siége. Dans la déposition de tous les évêques ou la confirmation des ventes des biens ecclésiastiques, M. Camille Jordan lui reproche encore de suivre dans l’ordre politique des directions presque contre-révolutionnaires. Je n’entends pas ce dernier mot:
est-ce que ce serait aujourd’hui un tort, et faudrait-il suivre des directions révolutionnaires (1) ?
Toute cette discussion politique ou impolitique n’occupe cependant que le tiers de l’écrit de M. Camille Jordan, et évidemment elle n’a servi que de prétexte et d’introduction à la justification personnelle de l’autear pour la hardiesse singulière de son opposition au ministère, et pour sa dénonciation des jugements rendus à Lyon. Je serai, s’il veut, de son avis sur le premier point, et je crois qu’il est dans l’esprit de la charte et d’un gouvernement représentatif que tous les députés sans distinction aient la même liberté de parler; et si la loi les garantit pendant l'exercice de leurs fonctions des poursuites de la justice, elle n’entend certainement pas les livrer à l’animadversion de l’administration. Ce serait une petitesse indigne du gouvernement d'un grand Etat d'exiger, sous peine de destitution, qu’on reconnût par des complaisances d'opinion des faveurs qu’on reconnaît bien mieux par la franchise et la vérité; et ce serait faire des fonctionnaires publics autant de parasites qui sont toujours de l’avis de ceux qui leur donnent à dîner : ou déclarez l’incompatibilité des fonctions publiques avec celle de député, ou laissez le député oublier dans la chambre qu'il est fonctionnaire public, et ne le placez jamais entre sa conscience et ses besoins.
Mais sur la doctrine longuement exposée de M. Camille Jordan, relativement à la cen-
(4) Je dois dire, pour être juste, que je soupçonne dans ce mot contre-révolulionnaire une faute
d'impression.
&°9 sure publique des jugements rendus en dernier ressort, je crois que l’auteur soutient un paradoxe insoutenable, et peutêtre la seule erreur qui ne soit pas tombée dans la tête des politiques de ces derniers temps, qui, en renversant les unes sur les autres toutes les institutions de la société, avaient au moins laissé debout l'autorité inébranlable des choses jugées.
Sans doute la loi, s’accommodant à la faiblesse humaine, n’interdit pas à l’homme condamné, même justement, la consolation de se dire ou de se croire mal jugé, et de se plaindre en famille, pour ainsi dire, et devant ses amis, d’une condamnation qui lui enlève ses biens ou flétrit son honneur; et, si elle n’oblige pas l'accusé d’avouer son
crime, elle ne peut l'obliger à reconnaître la
justice de sa condamnation. La loi même ne peut ordonner ou défendre que ce qu’elle peut exécuter; et quelle serait la police assez agissante et assez sévère pour faire observer la loi qui empêcherait aux parties de se plaindre de leurs juges? Cependant la loi ne permettrait pas même aux intéressés la diffamation publique des tribunaux. Elle n’a pas cru qu'aucun juge, aucun tribunal fût infaillible; mais elle a voulu que les jugements.en dernier ressort fussent irréformables; et, n’en déplaise aux ennemis de tout pouvoir absolu, c'est-à-dire indépen- dant, S'il n'y avait pas enfin quelque chose d’absolu, d’indépendant, de définitif dans l'autorité, tout ordre public serait impossible: et d'ailleurs, si un premier, un second, un troisième tribunal a pu se tromper, qui me répondra que vous, particulier, censeur de leurs jugements, vous ne vous trompez pas en accusant des tribunaux erreurs ou de précipitation? Quelle garantie me donnezvous de votre infaillibilité, lorsque vous n’avez pas une autre raison, une autre probité, une intelligence d’une autre espèce que celle des juges, et que vous avez de moins qu'eux, . et Ja confiance dont le prince les a honorés, et le caractère auguste dont la loi les a revêtus, et toutes les lumières dont la procédure les a entourés pour leur faire discerner la vérité? Quelques exemples, qu’on ue manque jamais de citer à l'appui de l'opinion contraire, n’ébranlent pas ma foi et la force inattaquable des jugements définitifs, parce qu’en écartant tout ce que, dans l'esprit des gens éclairés et impartiaux, les exagérations de lesprit de parti ont, sur les lieux mêmes, laissé d’obscur et d’incertain sur le fond de