‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 155 sur 306 · PART. IL. POLITIQUE. — SUR LES SUISSES · texte numérisé non relu

PART. IL. POLITIQUE. — SUR LES SUISSES

par l’effet de la révolution, n’est pas devenue plus forte et est devenue plus menaçante, parce qu'elle semble plus agitée.Est-ce donc une raison d’affaiblir encore sa force politique, lorsque l’état de ses finances lui fait un devoir de ne pas trop accroître sa force militaire? Et depuis quand les grands Etats ne sentiraient-ils plus l'honneur et l'avantage de ce noble patronage envers les Etats inférieurs, qui donne à leur existence politique une base plus large, à leur intervention plus de poids, à leurs | rapports plus détendue, à leur puissance enfin plus de dignité ? Et les familles elles-mêmes, les familles privées, ne cherchent-elles pas à étendre leur influence par une clientèle plus honorable et plus nombreuse, ou à se créer une influence par des alliances plus honorables et plus étendues ; et Bonaparte lui-même, qu’on n’accusera pas de ne pas connaître les mcyens d’affermir la puissance, dédaignait-il de joindre aux titres d’empereur des Français,

de roi d'Italie, de protecteur de la confédération du Rhin, celui de médiateur de la

confédération helvétique. Et même, à côté

des titres des rois de France et de Navarre,

il serait honorable ce titre d’ami des cantons

suisses, de ces Suisses que notre Henri IV,

avec cette aimable familiarité qui rehaussait

chez luila dignité d’un grand roi et d’un

grand homme, appelait ses compères.

On se trompe, si l’on croit de l’économie dans le renvoi proposé; on se trompe, si Von y croit de l’esprit national : il n’y a pas plus de l’un que de l’autre. La vraie économie est celle qui prévoit et qui éloigne les difficultés de sa position; le véritable esprit national est celui qui étend l'influence de la nation, loin de la resserrer, et aui lui cherche partout des amis et des défenseurs ; et je dirai de cette mesure ce qu’à la tribune je disais de la loi des élections : « Si vous aviez des ennemis, ils seraient les premiers à vous la conseiller. »

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