PART. II. POLITIQUE. — HOMMES DU 21 JANVBER
S16 été d’une violence remarquable; du reste, mal écrit, triste, sec et amer. On finira, en vérité, par faire croire à ce côté de la chambre qu’on le craint ou qu’on l’estime. Quoi qu’il en soit, ils ne rendront pas à leurs adversaires de pareilles déclamations. La question du rappel des hommes du 21 janvier porte malheur à l’éloquence, et elle a reparu sous les formes hideuses qu'elle avait empruntées pour amener ou justifier ce jour fatal. La chambre de 1815 a été accusée d’être ivre de sang. On serait bien embarrassé de dire celui qu’elle a versé, ou les condamnations à mort qu’elle a provoquées. Ce n’est à la vérité qu’une figure de rhétorique ; mais quelles figures et quelle rhétorique !
Quelques jours après, autre rappel dans les journaux d’un autre homme du 21 janvier, nommé le Clerc. Faut-il absolument que leur rappel à tous soit précédé de séances comme celles du 27 mai ou du 19 juin, et ne pourraient-ils pas rentrer à petit bruit et à moins de frais ?
Ce qu'on peut remarquer est que nous finirons par ne plus rien comprendre à notre gouvernement, qu'il n’ycomprendrarien luimême, et qu’il faudra incessamment, pour voir un peu plus clair et dénouer tant d’intérêts qui se croisent et se combattent, finir par un coup d'Etat. 1
Je ne sais si mes lecteurs se rappellent le jeu d’onchets, où il y a aussi des rois, des reines, des cavaliers, etc. Lorsque toutes les petites pièces qui le composent sont tellement mêlées et confondues ensemble qu’on ne sait plus comment tirer l’une sans déranger l’autre, et par conséquent sans perdre des points, il est permis de frapper au basard deux ou trois grands coups de baguette sur tout le jeu pour démêler toute cette confusion, et pouvoir continuer à jouer : c’est tout à fait un coup d'Etat. Il y entre plus de force et de hasard que d’habileté, et s’il ne réussit pas, la partie est perdue.