‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 161 sur 306 · PART. I. POLITIQUE. — REUNION DES ROYALISTES DANS LES CHAMBRES · texte numérisé non relu

PART. I. POLITIQUE. — REUNION DES ROYALISTES DANS LES CHAMBRES

sauver. Le ministère sait aujourd’hui combien il est. urgent d'y rentrer ; il apprendra bientôt par l'expérience combien il est facile de la suivre. Les obstacles qu’on lui présente ne sont que des fantômes qui s’évanouiront devant une volonté forte et soutenue, Je crois même que, depuis la seconse restauration, les circonstances n’ont jamais été plus favorables pour commencer et pour suivre une marche conforme aux vœux des gens de bien, et par conséquent aux vrais intérêts de la France. Le gouvernement est débarrassé des soins que lui imposait l’occupation étrangère; et les finances, premier moyen de tranquillité comme de prospérité, sont affranchies des dépenses qu’entraînait le séjour des troupes alliées sur nos frontières, et le seront bientôt des contributions qui restent à acquitter. Les premières puissances de l’Europe, réunies au dernier congrès, ont manifesté leurs vœux pour la tranquillité de la France, garant de leur propre tranquillité ; et la nation, fatiguée de secousses, rassasiée de fausses doctrines, aspire à l’ordre, qui est la véritable liberté publique, et n’en demande pas d'autre. Les fonds publics ont éprouvé quelque variation; mais dans ce qu’on appelle les fonds publics, il n’y à véritablement de public que la rente, patrimoine des particuliers, que le gouvernement doit payer avec la plus rigoureuse exactitude; et il n’y a rien de moins public que l’agiotage, jeu périlleux de la cupiditéprivée, dont le gouvernement doit se séparer avec soin, parce qu'il en supporte Îles pertes beaucoup plus qu’il n’en partage les profits, et qu’il se place lui-même, et l'Etat avec lui, dans ces alternatives de hausse et. de baisse qui compromettent sa dignité,

même son repos, et peuvent nuire à l’opinion

de sa force, Mais qu’il ne se laisse pas imposer par ce vain bruit d'opinions prétendues libérales, qui ne sont qu’un passe-port pour la licence ou un masque pour l’ambition. Dépositaire et gardien des bonnes doctrines, qu’il méprise cette vaine science d'écrivains sans pudeur et même sans talent, et de jeunes gens sans études, qui circule comme une fausse monnaie, d’un bout à l'autre de l’Europe, au profit de ceux qui la débitent et pour la ruine de ceux qui la reçoivent. La France, riche de tant de raison, de connaissances et de vertus, müûrie par tant et de si rudes épreuves, n’a pas besoin de pareils

précepteurs. C’est de sa religion qu’elle doit attendre des leçons; c'est de son gouverne

ment qu'elle doit recevoir des exemples

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