PART.II. POLITIQUE. — DU GOUVERNEMENT REPRESENTATIF
quanil elle sera gouvernée par les radieaux, et qu’en affaiblissant l'influence catholique de l’une, elles accroîtraient d'autant l’influence protestante de l’autre, nos libéraux ‘s’en consoleraient et trouveraient encore dans nos revers les moyens de calomnier et de persécuter ceux qu’ils accusent de faire cause commune avec l'étranger, dont ils auraient eux-mêmes provoqué les attaques.
Les événements de juillet nous coûtent la Belgique, qui se serait donnée à la France monarchique, et surtout catholique. Elle aurait tôl ou tard repris ce qu’elle a perdu par les derniers traités, en laissant faire au temps, qui n’a jamais trompé ses espérances.
Mais d’autres combinaisons, et surtout d’auires alliances, ont mis un point d’arrêt à la fortune de la France, et elle a des pertes à
: réparer plus pressées que des pertes de ter-
ritoire.
Si l’on demande quel intérêt ont nos révolutionnaires à attirer sur la France de si grandes caïamités, et à changer ainsi la noble wagistrature qu'elle exerçait en Europe en une école de scandale et un vaste atelier de corruption et de désordre, je répondrai que les hommes de ce parti, concitoyens des révolutionnaires du monde entier, ne sont pas
de leur PAYS. mais de leur Opinion, La révo-.
lution est Jeur patrie, e et ils sacrifient toute autre àcelle-1à.. Mais ce qui explique la révolution, ses actes et ses suppôls, c’est la haine profonde qu’elle a jurée au catholicisme, dont la destruction est le but unique de sa politique. C’est pour y parvenir qu’elle cherche partout à soulever les peuples catholiques contre leurs gouvernements, en Italie, en Espagne, en Portugal, en Allema-
gne, en France surtout, qu'elle regarde
comme le boulevard et la citadelle de la religion catholique, ‘et dont l’affaiblissement ouvrirait à l’athéisme une large brèche. Et qu’on ne s’y trompe pas : la liberté, dont uos révolutionnaires font tant de bruit, n’est pas Ja liberté de la presse, qui n’est dans leurs mains que la liberté des saisies, des amendes et des emprisonnements ; n’est pas la liberté des cultes, qui n’est pour eux que la liberté de l'indifférence religieuse; n’est pas la liberté de l’enseignement, qui ne leur a servi qu’à expulser les corps enseignants les plus habiles et les plus respectables; c’est la liberté de l’athéisme, la liberté de la révolte,
la liberté de la licence, la liberté de tous les vices qué condamne la morale sévère de la la religion catholique.
D'ailleurs, la propagande amènerait une guerre générale d’où surgirait une autre terreur qui serait pour nos libéraux comme elle a été pour ceux de 93 le pays del dorado, et le bon temps des vengeances et des confiscations. Ils feraient partout des Vendées; car rien n’est plus facile, et il n’y a pas de peuple qu’on ne pousse à bout, à force de!
vexations, de garnisaires, de visites domiciliaires, de chasse aux hommes, et de primes par têtes d'hommes arrêtés. Les résistances éclatent,la guerre s’allume,.les plus courageux périssent ; un joug de plomb s'établit
sur-une population désarmée et décimée ; / a he
on a la paix des tombeaux et le silence des déserts : Ubi solitudinem faciunt, pacem appellant. C’est ce qu'a fait la convention,
c’est ce qu’on a fait depuis, et les bonnes traditions ne se sont pas perdues. <
« On veut faire dé la France une république ; mais la constitution actuelle de l’Europe est tout à fait incompatible avec une république puissante. Si, redoutant pour sa tranquillité intérieure ses propres troupes, elle reste désarmée au milieu des puissances en armes, elle tombe sous leur dépendance.
Si elletient sur pied de nombreuses armées, elle les jette sur ses voisins, comme l’ont fait Rome et la France elle-même, et elle se soumet à la nécessité de toujours vaincre sous peine de périr. Comment des vérités confirmées par tant d'expérience ont-elles pu être ignorées, et des hommes qui de bonne foi ont travaillé à fonder en France une république, et des hommes d'Etat des pays voisins qui longtemps en ont vu les progrès sans en être alarmés? La France république serait la fin de l'Europe monarchique, et l'Europe république serait la fin du monde. »
La France a eu le malheur de subir deux invasions, et le bâton du roi voyageur pesa dans la balance plus que l’épée du conquérant : si elle était condamnée à en souffrir une troisième, la quenouille et le fuseau de larégente, et s’il le fallait, le titre royal de lieutenant général du royaume, défendraiïent mieux la France que le rejeton arraché par une émeute du vieux tronc de la monarchie et planté en façon de sceptre dans les sables infertiles de la démocratie.
sn on
EE ms met |