‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 179 sur 306 · PART. IH. POLITIQUE. — SUR LE CADASTRE · texte numérisé non relu

PART. IH. POLITIQUE. — SUR LE CADASTRE

refuser toute coopération; et c'est ce que faisait Charles X, en retirant ses ordonnances et renvoyant ses ministres; et, cependant, l’article 14 de la Charte, jurée par ceux-là mêmes qui lui ont fait nn crime d’y avoir eu recours, cet article, exécuté plusieurs fois sans réclamation, et dont la légalité avait été défendue par les meilleurs esprits, et, entre autres, par M. le comte Siméon à la chambre des pairs, cet article, qu'un journal libéral regarde comme indispensable dans toute constitution, même lorsqu'il n’y est pas exprimé, permettait au roi de rendre les ordonnances nécessaires pour la sûreté de l'Etat; et, certes, la comédie de fidélité, jouée pendant les quinze ans de restauration, et avouée par les comédiens eux-mêmes, ne rendait que trop urgentes les mesures de précaution. Depuis, d’autres ordonnances ont été portées, moins urgentes et plus illégales, et qui, loin de se conformer à un article de la charte qui les permît, ont été rendues en violation formelle d’un article de la charte, qui défend toute mesure d’exception.

Ces souverains de l’Hôtel-de-Ville, qui ont si généreusement disposé de la couronne, et refusé leur accommodement, se rejetteront-ils sur la nécessité de sauver les libertés publiques ? Ce serait une amère dérision, aujourd'hui que nous ne connaissons de libertés que celles de l’état de siége, des visites domiciliaires, des garnisaires, des passe-ports, des amendes et des prisons, que la liberté des Thérésa, des Darlington, de la Tour de Nesle, des Dix ans de la vie d'une femme, et de toutes ces infamies transportées sur la scène pour l'instruction du public ; lorsqu’enfin nous ne connaissons de liberté publique ou privée, politique ou civile que celle... de la licence.

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